Étonnant, mais 2019 s’annonce plutôt bien pour le voyage d’affaires

Non, je ne vous parlerai pas de tendances mais de prévisions économiques. Vous le savez, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », selon la formule que l’on prête à l’empereur César. Tant pis, je me lance : l’année 2019 du voyage d’affaires sera solide ! Démonstration.

Les incertitudes pèsent sur l’aspect économique de l’année 2019. Les Etats-Unis ont des bonnes nouvelles pour les créations d’emploi mais le « shut-down » n’incite pas à l’optimisme, les frasques du Président US non plus, si bien qu’après une année en pleine forme, la trêve des confiseurs aurait pu se rebaptiser déconfiture des boursicoteurs. Et pour cause : Wall Street s’est effondrée en fin d’année sur des rumeurs aussi aléatoires que toutes les rumeurs mais le fait est qu’après 9 ans de croissance et plus de 3% de hausse du PIB au 2ème et 3è trimestre, le rythme semble être difficile à soutenir à court terme quand le reste du monde patine. La fin du multilatéralisme tel que nous le connaissions depuis 15 ou 20 ans semble avoir du plomb dans l’aile !

Alors pourquoi cet optimisme pour le voyage d’affaires ? Parce que les entreprises ont, elles, appris des crises successives. Elles savent désormais que les déplacements professionnels constituent un investissement. La suppression des dépenses inutiles a déjà été faite. De très nombreux meetings internes laissent désormais la place aux conférences téléphoniques ou vidéos sous toutes leurs formes, pour que les voyages d’affaires correspondent bien à des déplacements indispensables. Ils se font naturellement pour des dépannages techniques (oui, ceux- là constituent le gros des déplacements professionnels !), mais aussi pour des rencontres « face to face » irremplaçables pour gérer la confiance, ces fameux hommes d’affaires en costume-cravate tels qu’ils apparaissent dans l’imaginaire collectif.

Beaucoup de sociétés ont touché le plafond de verre des économies. Le voyage d’affaires sera donc solide en 2019, ce qui ne veut pas dire qu’il ne connaitra pas de restrictions dans les politiques voyages. Aux Etats-Unis notamment, là ou règne le plein emploi, les Travel Managers ont tout intérêt à faire attention à leur manière de choyer leur personnel. En Europe a contrario, il y a encore du monde dehors et les Directions financières n’hésitent pas à tirer sur la corde et à demander des restrictions sur les conditions de voyage.

Tous les acheteurs le savent et le répétent : les places avant n’arrivent pas plus vite que les classes éco, En Europe, le low cost s'impose. Les prix serrés et concurrentiels de l’hôtellerie confortent la baisse des tarifs aériens. En Europe, le One Day Trip reste de rigueur. Cette tendance est lourde et on peut penser qu’elle s’appliquera cette année aussi en France. Et comme l’essentiel du commerce français se réalise en Europe, les voyageurs d’affaires n’ont pas fini de faire des aller-retour européens…

Bref, sauf crise géopolitique ou économique, 2019 pourrait annoncer la relance d'un business travel maîtrisé.

Marcel Lévy

Ai-je besoin de vous dire que ces propos n'engagent que moi et ne reflètent en aucun cas la position de la (très sérieuse) rédaction de DéplacementsPros - Merci également à Alphonse Daudet de m’avoir laissé détourner le titre de l’une de ses œuvres les plus connues