Future of Business Travel: « Il est essentiel de favoriser la bienveillance et le plaisir en entreprise »

Les neurosciences englobent les connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain. Aujourd’hui, elles ne tiennent plus uniquement de la science-fiction et s’appliquent de façon concrète au marché de l’entreprise, et également au voyage d’affaires. Erwan Deveze, Dirigeant Fondateur de Neuroperformance Consulting a été invité à s’exprimer sur le sujet lors de l'édition 2019 du Future Of Business Travel (FBT).

La technologie est-elle vouée à déshumaniser l’entreprise ? Pour Erwan Deveze :« Non, elle doit rester un outil à notre service et c’est sur ce point-là que nous devons nous battre ». « Aujourd’hui, nous assistons à une transformation constante du monde qui nous entoure et par conséquent, allons vers un nouveau mode managérial », ajoute-t-il. Nos atouts par rapport à la « machine » : notre intelligence émotionnelle et notre capacité de réflexion. En entreprise, la technologie pourrait donc nous, « décharger des tâches futiles/répétitives, qui peuvent être automatisées grâce à l’intelligence artificielle afin de se concentrer ce sur quoi nous sommes compétents, à savoir, les relations humaines ».

Vers une politique voyages portée par et sur l'humain

Concernant la politique voyages en entreprise, l’objectif sera de trouver le juste milieu entre le besoin de liberté grandissant des collaborateurs et les exigences de l’entreprise. « Il faut arriver à se mettre dans une logique de co-construction afin de faire de la politique voyage un atout de recrutement et favoriser l’engagement collaborateur », déclare Erwan Deveze. Le principe est simple : « Soit nous essayons de nous adapter, soit nous occultons toutes les évolutions en cours et les conséquences s'en feront ressentir très rapidement », ajoute-t-il.

Afin de créer un environnement professionnel optimal et une politique voyages qui répond aux besoins des collaborateurs, il est donc essentiel d’évoluer. « Notre cerveau fonctionne de la façon suivante, d’un côté nous fonctionnons à la récompense et d’un autre côté nous réagissons à la menace. A savoir que la menace et trop de stress, ne sont pas productifs puisqu’ils utilisent toute notre énergie dès lors que cette partie du cerveau est stimulée. Résultat, le collaborateur perdra en productivité. » Il est donc essentiel que l’entreprise favorise la bienveillance et le plaisir au sein même de son management et dans son mode de fonctionnement afin d’effectuer des « changements efficaces ».

Les relations humaines, un besoin essentiel

A la question : la technologie virtuelle marque-t-elle la fin de voyage d’affaires physique ? Erwan Deveze est catégorique : « Nous oublions que nous sommes équipés d’un système miroir. Rien ne remplacera les échanges neurobiologiques lorsque nous sommes en face à face. Jamais la technologie ne remplacera ce besoin du relationnel. Nous sommes des êtres sociaux et nous le resterons ». Le défi de ces prochaines années sera donc de trouver la meilleure hybridation entre les problématiques environnementales et/ou de coûts et ce besoin de relationnel. Pour réussir la « mue » d'une politique voyages en entreprise, le consultant préconise donc de respecter 5 étapes clés : la raison d’être (expliquer pourquoi) ; la co-construction (rendre chacun acteur) ; la communication (construire une stratégie d’influence) ; le déploiement (mode pilote puis consolidation par des outils) et le dynamisme (culture du feed-back et agilité).