Grèves Air France, le coup de gueule d’un voyageur

C'est un voyageur comme un autre qui adresse cette lettre aux pilotes d'Air France. Pour Pierre-Loïc Bolon, il est temps pour les pilotes de se responsabiliser face à la situation économique de la compagnie. Une petite leçon d'économie pour mesurer les dangers du jusqu’au boutisme.

Chers pilotes grévistes,

Comment vous le dire clairement? Trop, c'est trop. Votre grève est insupportable et inacceptable. Pour les clients, pour les citoyens.

En tant que client de la compagnie Air France, je mesure à chaque voyage le gap entre la performance de la compagnie et ses concurrentes. Le gap en terme de prestations de cesse de s'amoindrir, quand le gap en terme de prix ne cesse d'augmenter. Pas plus tard que le mois dernier, un A/R Paris-Shanghai en Business m'était proposé chez AF à plus de 7000 Euros (oui, vous avez bien lu), à moins de 5000 sur les concurrents. Malgré ces prix exorbitants, la compagnie n'a plus les moyens d'investir, laissant par exemple les A330 et A380 avec des cabines business complètement dépassée. Regardez les résultats financiers de l'entreprise. Alors qu'elle pratique les plus hauts prix du marché, que le pétrole reste très bas, elle a une rentabilité déplorable. Alors, vous voulez vraiment encore augmenter les coûts?

En demandant des augmentations excessives, vous tuez proprement votre compagnie. Si vous n'emportiez que vous dans votre folie, cela ne justifierait pas ce billet. Mais avec vous, vous emportez bien d'autres emplois, de personnes qui, elles, n'ont pas tous vos avantages. Pensez-vous à votre responsabilité sur les milliers d'emplois générés par Paris, Lyon et Nice? Pensez-vous à tous les acteurs de la vie économique française pour laquelle la compagnie Air France représente un outil de travail presque quotidien? Pensez-vous à tout le secteur du tourisme qui pâtit de vos grèves à répétition? En tant que citoyen, je ne peux l'accepter.

Il est urgent d'admettre que le monde a changé, et que les conditions mirobolantes du passé ne pourront pas être maintenues. De la même manière que je ne doute pas que vous sachiez vous adapter à des changements de conditions en vol, je suis sûr que vous saurez vous adapter à cette nouvelle donne. Darwin l'avait déjà trouvé il y a 150 ans: l'adaptation ou la mort. Alors de grâce, cessez ce comportement suicidaire et reprenez le travail. C'est urgent.