L’AFTM met le doigt dans le processus européen

Comme nous l'écrivions voici quelques mois, l'AFTM a perçu le besoin d'aller défendre le statut du voyageur d'affaires au delà des structures ministérielles françaises dont le pouvoir est limité. Si la mise en place de Parafe est un atout pour quitter ou revenir sur le territoire français, la gestion économico-techniques des déplacements professionnels est désormais essentielle.

L'AFTM met le doigt dans le processus européen
L'AFTM, représentée par Michel Dieleman, président de l’association, Claude Lelièvre, vice-président, et Thibault Barat, délégué général, a été reçue par les bureaux parlementaires de Dominique Riquet (député européen et vice-président de la commission des Transports et du tourisme), de Christine de Veyrac et de Michel Dantin (députés et membres de cette même commission). Les mots sont importants et la notion même de "rencontre avec les bureaux" (et non les parlementaires eux mêmes) démontrent le peu de cas fait du voyage d'affaires au sein des organisations européennes. Dans un communiqué, l'association juge cet échange "riche et productif, qui a notamment permis d’identifier la meilleure approche à adopter en vue du dépôt des amendements qui auront le plus de chance de recueillir un avis positif des parlementaires lors du vote en commission qui aura lieu le 14 novembre prochain". Il y a peut être un peu de naïveté car pour qui connaît la Communauté européenne, il y a peu de chance que les demandes formulées par l'AFTM soient entendues. Non pas parce que qu'elle ne sont pas bonnes, mais plus pour préserver les législations nationales, aujourd'hui incapables de prendre position sur une approche commune du sujet. Si les auditions publiques du 30 mai dernier confortent l'envie du parlement européen de légiférer sur la protection du consommateur, une bonne partie des évolutions sont pensées pour le tourisme et non le voyageur d'affaires. Enfin, le très fort lobbying des compagnies ariennes en faveur d'un allègement de leurs responsabilités en cas de perturbations dont elles ne sont pas responsables, va peser lourd dans la balance lors du choix. Le chantage à l'emploi reste un levier fort qu'entendent les députés.

Concrètement, l'association souhaite obtenir satisfaction sur plusieurs points, à savoir :
• l’AFTM souhaite que le nouveau règlement instaure un plancher d’indemnisation plus équitable et qui aille au-delà des 20% du prix effectivement payé pour un vol annulé ou subissant un retard important. L'Association devra préciser les contours de l'annulation et ses raisons directes ou indirectes. Là aussi, les transporteurs sont conscients du danger d'un texte sans réelle limite. Cette demande doit être élargie au ferroviaire européen.
• Des indemnisations versées directement à la personne physique ou morale qui a effectivement payé le billet. Voilà sans doute le point le plus facile à obtenir et le plus intéressant. C'est sur cette demande que l'Association devra faire pression et obtenir un résultat qui va enfin satisfaire les entreprises.
• En cas d’impossibilité d’effectuer un vol de pré-acheminement réservé dans le cadre d’un pack, l’AFTM souhaite que le voyageur d’affaires puisse bénéficier d’un droit d’embarquement étendu aux vols en correspondance. Dans quelles conditions et sur quelle notion de responsabilité du transporteur ? La mesure de responsabilité est déjà une demande des Associations de consommateurs qui peinent à l'expliquer aux députés.
• En cas de retard important ou d’annulation d’un vol, l’AFTM admet la limitation de la prise en charge à 3 nuitées mais demande la suppression du plafond à 100€ par nuitée qui n’est absolument plus conforme à la réalité du marché hôtelier dans les grandes métropoles européennes. Il reste à définir qui doit payer en cas de force majeure ! On sait aujourd'hui que le transporteur aérien ne peut supporter tous les aléas d'un déplacement. L'AFTM pourrait demander la création d'un fond d'aide aux entreprises sur le sujet via une "taxe" très faible perçue sur toutes les transactions électroniques faites dans le cadre des SBT (entre 5 et 10 centimes). C'est une piste étudiée aujourd'hui aux USA.
On pourrait aussi rajouter à ce premier catalogue de justes revendications, une position sur le nouveau plan fiscal et la TVA sans oublier la création d'un diplôme européen du Travel Management.

Pour conforter ses demandes, l'AFTM frappe fort et lance un appel à ses homologues belges, allemandes, espagnoles et néerlandaises, dans le but d’établir un front européen en faveur du voyageur d’affaires. L'Association propose d'établir un manifeste de propositions qui sera adressé à l’ensemble des parlementaires européens membres de la commission Transports et tourisme du Parlement européen ainsi qu’au rapporteur George Bach, député luxembourgeois.

Il faut rendre grâce à l'AFTM qui secoue le cocotier bruxellois et met les pieds dans le plat. Sans un cabinet de lobbying sérieux (mais cher), il est peu probable que l'on obtienne des résultats. L'Association aura sans doute des choix budgétaires à faire. Une réussite à Bruxelles pèsera bien plus qu'une grande soirée annuelle souvent onéreuse... Du moins pour les voyageurs d'affaires ! Des choix budgétaires que seul le bureau de l'AFTM pourrait très vite décider. Mais un succès dans cet univers vaudra bien plus qu'un gain d'image personnel. L'enjeu est complexe mais le nouveau délégué général de l'AFTM, tb@aftm.fr, rompu aux arcanes du politique, aura peu de mal à en expliquer l'intérêt en terme d'image professionnelle.