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Vendredi 6 Juillet 2018

Quand le SCARA s'en prend à l'UAF


Pour le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes, le SCARA, trop c'est trop. Après les affirmations du Président de l'UAFdans une tribune publiée le 21 juin dernier, le syndicat affirme que les assertions sont loin de refléter la réalité du marché.



Le transport aérien français reste un sujet épidermique
Le transport aérien français reste un sujet épidermique
Si, selon le SCARA, la privatisation des aéroports est inévitable, il serait urgent qu’elle soit accompagnée de la négociation d’un contrat de régulation économique (CRE) qui prenne en compte les attentes des compagnies aériennes et fixe un objectif de réduction d’année en année des redevances aéroportuaires. Autre point, la refonte du rôle de l’ASI (Autorité de Supervision Indépendante des redevances aéroportuaires)via notamment une révision de son règlement intérieur qui lui permette de réexaminer tout au long du CRE, la pertinence des hypothèses économiques sur lesquelles il est fondé.

Et le SCARA de reprendre et de commenter ce qui a été écrit… Un peu trop rapidement par le Président de l'UAF. Voici, en intégralité ses remarques et observations :

« Les aéroports ne sont plus aujourd’hui des monopoles » : FAUX
Une activité industrielle est en monopole, lorsque ses clients ne peuvent pas faire appel à autre fournisseur. Certaines compagnies aériennes, sur certains marchés, peuvent changer d’aéroport : par exemple une compagnie asiatique qui dessert un point en Europe, pourra renoncer à desservir Paris et préférer Bruxelles. Mais, autre exemple, Air France n’a aucune possibilité de choisir un autre fournisseur qu’ADP. Autrement dit, l’activité en concurrence d’un aéroport comme ADP est loin de constituer l’essentiel de son activité : celle-ci est donc fondamentalement en situation de monopole.

« La crainte, ici ou là exprimée, d’une explosion des redevances aéroportuaires et d’une augmentation du prix des billets d’avion dans le cas de privatisation d’un aéroport est totalement infondée » : FAUX.

Entre 2006, date de l’ouverture du capital d’ADP aux capitaux privés, et 2018, les redevances aéroportuaires ont augmenté de 42% alors que pendant le même temps l’inflation augmentait de 15% et le prix des billets d’avion baissait de 20%.

« Le prix du billet d’avion est déconnecté du niveau des redevances » : FAUX
Les coûts d’une entreprises s’apprécient par rapport à sa marge. La marge dégagée par le transport aérien est, sur une longue période, en moyenne de 5 % de son chiffre d’affaires. Le poste des redevances représentent 4% des coûts d’une compagnie aérienne. Toute augmentation de ce poste a un impact considérable sur les marges.

« La puissance publique homologue les tarifs des redevance » : VRAI
L’ASI homologue au sens ou elle vérifie, lorsqu’un CRE est signé, que le tarif proposé ne dépasse pas le plafond défini par ce CRE mais sans remettre en cause périodiquement les hypothèses économiques qui ont défini les tarifs sur cinq ans. En l’absence de CRE elle homologue les tarifs des aéroports de plus de 5 millions de passagers en fonction de la situation économique de l’aéroport.

« Les redevances des grands aéroports régionaux ont baissé » : FAUX

Les tarifs des redevances ont augmenté hors inflation entre 2013 et 2017 en moyenne d’environ 5% pour une inflation de l’ordre de 1,5 % sur la même période. (LYS , NCE, MRS, TLS et BOD).

Le SCARA a tenu par ailleurs à expliquer le mécanisme de la "double caisse" pratiquée par ADP. Le système de "double caisse", qui sépare les services aéronautiques (peu rentables) des commerces : boutiques en aérogares, locations d’immeubles de bureaux, d’entrepôts, de centres commerciaux bâtis sur les emprises domaniales des aéroports (très rentables) permet aux aéroports de bénéficier, à leur seul profit, de revenus générés par la clientèle apportée par les compagnies aériennes. En système de simple caisse, les revenus des ces activités commerciales permettent de faire baisser le niveau des charges facturables aux compagnies aériennes. Le système de double caisse, qui ne permet pas d’alléger les charges aéronautiques, conduit à augmenter sans cesse les redevances aéronautiques.



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