Régis Chambert , American Express Voyage d’Affaires, « Les fees ne sont pas trop élevés, au contraire. Ils pèsent à peine 3% du budget voyage d’affaires et permettent de réelles économies »

L'EVP (Espace Voyages Professionnels), la plus ancienne et la plus connue des manifestations liées au voyage d'affaires donne le ton du marché et son baromètre permet un benchmarking européen apprécié des clients et des fournisseurs. L'occasion pour nous de faire un point sur l'année passée avant de vous donner, dès lundi, les premières tendances chiffrées 2008/2009. Pour Régis Chambert, le patron d'American Express Voyage d'Affaires, l'année qui se termine aura conduit l'entreprise à se repenser et à s'adapter. Pour lui, « La crise n'est pas seulement économique, elle marque des changements et des mutations profondes au sein des entreprises. Des changements qu'il faut prendre en compte et auxquels il faut apporter des réponses innovantes".

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Déplacements Pros : Il y a un an vous étiez engagé dans un processus de réduction des coûts. Vous aviez comme mission de réaliser une économie globale d'environ 15%. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Régis Chambert : En novembre 2008, la perception française de la crise était un peu simpliste et j'avoue que je n'en n'avais pas mesuré tous les contours. Mais très rapidement, nous en avons compris l’ampleur et j’ai donc expliqué, en interne comme à l'externe, notre stratégie de réduction des coûts. Cette crise, toujours présente, ne peut se résumer à de simples turbulences économiques. Je dirais, même si le terme est un osé, qu'elle est "sociétale". Pour deux raisons. La première, c'est qu'elle bouscule les habitudes et les schémas de réflexions. Chez nous comme chez nos clients. La seconde, c'est qu'elle nous oblige à repenser notre environnement de travail. A aller vers plus de services, plus d'écoute et à augmenter notre capacité à donner à nos clients plus qu'une information. Pour les entreprises que nous servons, le voyage n'est pas une action à faire tout simplement parce que cela c'est toujours fait. C'est un poste de dépense, d'investissement et avant d'engager une dépense voyage, elles doivent mesurer le retour sur investissement et suivre, en temps réel, les dépenses engagées. Elles ont donc naturellement cherché à optimiser leur coûts, à fixer des objectifs et à modifier la politique voyage.
Tout cela nous l'avons pris en compte avec malheureusement quelques plans sociaux mais aussi une redistribution de nos équipes et une meilleure répartition de nos ressources. De fait, nous avons fait un peu plus que les 15% d'économie visés. Heureusement d'ailleurs, car la crise était plus profonde que ce que nous imaginions.
Deplacements pros : N'avez vous pas le sentiment que le business modèles du voyage d'affaires vient de voler en éclat avec la crise ?
Régis Chambert : On vit aujourd'hui une évolution liée à la maturité des entreprises où les business modèles se tendent. Dans les frais que l'on peut comprimer, il y a le voyage, souvent la seconde dépense après les salaires. Il est donc logique, pour ne pas dire évident, que nos clients repensent leur stratégie dans ce domaine. Il est donc naturel que nous les aidions à chercher des solutions qui répondent à ces nouvelles approches. Quand je dis nous, bien évidemment, je pense à mon groupe qui, de par sa présence mondiale dans le voyage d'affaire, a naturellement la possibilité de proposer des alternatives innovantes pour aller dans le sens du marché. Notre métier est un métier d'optimisateur dont la mission est d'apporter des solutions aux besoins de voyage. Toutes les solutions, y compris celles technologiques. Je pense qu'il faudra désormais regarder le distributeur comme un partenaire efficace, conscient des besoins d'économie, de rapidité, d'efficacité.
DP : Ne croyez vous pas que votre taille pourrait devenir un handicap. "Big is not beautiful" disent aujourd'hui les économistes ?
Régis Chambert : Servir une entreprise, quelle que soit sa taille, ou une grande administration, implique la globalisation de vos process et de votre réseau. Notre mission est d'être partout où se trouvent nos clients, là ou ils vont. Et d'apporter à chaque fois une réponse locale aux demandes locales ou internationales. Il faut être asiatique en Asie, Espagnol en Espagne... tout simplement pour pénétrer les marchés et les connaître. Il n'y a pas d'autres solutions aux besoins mondiaux des entreprises. Pour mener à bien tout cela nous avons investi dans des outils technologiques qui nous ont permis d'améliorer notre productivité et nous avons fait un travail de réorganisation de nos équipes. Cela, seul une grande entreprise peut le faire à l'échelle mondiale avec comme bénéfice clients : de meilleurs coûts et plus de réactivité.
Nous avons également crée des structures dédiées pour affiner nos service. Nous avons ainsi signé un contrat de partenariat avec une société qui nous aide à absorber les transactions rails qui se développent et vont continuer à se développer. C'est un exemple, il a un coût, mais il est révélateur des évolutions que nous devons entreprendre. Seules des grandes entreprises comme nous peuvent investir pour dire aux clients que nous nous sommes adaptés à leurs spécificités, à leurs règles de voyage, à leur besoin d'instantanéité pour couvrir un marché ou répondre à une demande commerciale.
DP : Si on regarde les prévisions pour l'année à venir, croyez vous à la reprise ?
Régis Chambert : Je me reconnais dans les chiffres publiés par mon groupe au début du mois d'octobre. Nous même donnerons dans quelques jours les résultats de notre baromètre annuel. Qu'en dire ? Globalement, que je suis d'accord avec ces analyses qui évoquent de 4 à 6 % d'augmentation moyenne des tarifs de l'aérien et un niveau étal ou légèrement en hausse de l'hôtellerie. Je pense que nos clients, mécaniquement et logiquement, manifestent à nouveau le besoin de voyager. On sait également que les prix moyens pratiqués aujourd'hui sont en dessous de ce qu'ils devraient être. Mais dire qu'en raison de ces analyses, on verra une reprise s'engager rapidement est encore du domaine de la prévision. Je reste donc prudent même si je ressens aujourd'hui un léger frémissement du marché.
DP : On montre du doigt les frais de transaction. On les trouve souvent élevés. Qu'allez- vous faire ?
Régis Chambert : Au risque vous étonner, je dirais qu'ils ne le sont pas suffisamment. Notre vraie valeur ajoutée, c'est le conseil. Si vous prenez le budget voyage d'affaires, les fees c'est à peine 3% du budget voyages. C'est peu. Et avec ces 3% nous optimisons les coûts, les réduisons et les adaptons aux attentes de nos clients. L'an dernier j'avais une trentaine de consultants. Cette année j'en ai 43. Leur mission justement, c'est de faire en sorte d'aller encore plus avant dans cette optimisation du voyage. Mais attention, la recherche du prix et seulement du prix n'a aucun sens dans le voyage d'affaires. Le prix n'est qu'une composante d'une action plus large. C'est aussi notre rôle de l'expliquer aux clients pour lui démontrer toutes les alternatives qu'il aurait.
DP : En cette veille de l'EVP, comment voyez l'édition 2009 de ce qui est devenu le rendez vous incontournable du voyage d'affaires ?
Régis Chambert : L'EVP a été inventé en 1991 à l'époque de la première guerre du Golfe avec, à l'époque, 40% de business en moins. Nous nous sommes dit que c'était la bonne époque pour expliquer aux entreprises ce que nous faisions dans cet univers du voyage d'affaires. A cette date, on ne savait pas que cette crise ne durerait que trois mois. L'EVP est donc pensé pour nos clients pour qu'en deux jours ils puissent réfléchir, avec d'autres, sur les grandes évolutions du voyage d'affaires. On crée du benchmark. On permet de confronter les idées et de faire évoluer les réflexions autour des process. On détaille des moyennes économiques, on compare les méthodes et on aborde les grandes tendances. C'est aussi un endroit où je peux parler aux clients des autres. Je peux leur montrer ce que je suis capable de faire. C'est également le lieu idéal pour montrer à nos partenaires ce que nous apportons à nos clients.
D.P. : Croyez-vous en cette tendance du fournisseur qui deviendrait, via le net ou tout autre moyen, son propre distributeur .
Régis Chambert :
Depuis que je suis dans ce métier, j'entends ce type de propos. Une compagnie aérienne fait voler des avions et n'a pas pour objectif de se substituer à un réseau de distribution. Son job, c'est l'aérien. Notre métier c'est la distribution. Et uniquement la distribution. Je ne m'inquiète pas beaucoup de ces incursions sur le marché de la vente directe. Une entreprise a besoin d'aller à l'essentiel, pas de jouer les marchands de tapis. Elle doit aller vite. Un distributeur sait faire ce travail. Et bien le faire.


Propos recueillis par Marcel Levy.
EVP PRATIQUE

16 & 17 novembre 2009 - Palais des Congrès - Paris
de 9h30 à 18h30 le lundi
de 9h30 à 17h30 le mardi

Le site de l'événement

Depuis la région parisienne, en voiture
Périphérique Intérieur : sortie Porte Maillot
Périphérique Extérieur : Sortie Porte des Ternes
Parking souterrain de 1800 places donnant accès directement au Palais des Congrès

En Métro
Ligne 1 (La Défense- Château de Vincennes) Station Porte Maillot
Des travaux de rénovation du couloir du métro station Porte Maillot sont entrepris depuis début août 2009 et s'achèveront courant décembre 2009. Un système de signalétique est mis en place pour l'acheminement des piétons.

En RER
Ligne C Station Neuilly-Porte Maillot-Palais des Congrès
Pour plus d'information http://www.ratp.fr

En Autobus
Lignes 82, 73, 43, 244, PC. Pour plus d'information : http://www.ratp.fr

Cars AIR FRANCE
Liaison directe avec l'aéroport Charles de Gaulle par navette (30mn). Départ toutes les 12 minutes de 5h50 à 23h00
Porte Maillot : Boulevard Gouvion St-Cyr (en face l'hôtel Méridien)
Pour plus d'information : http://www.airfrance.fr

Depuis l'aéroport Orly
Métro/RER/Orlyval (45 minutes environ)
Navette Orlyval qui dessert les deux terminaux Orly Est et Orly Ouest.
RER B, direction Roissy Charles de Gaulle jusqu'à "Chatelet-Les Halles"
Métro ligne 1, Direction La Défense, jusqu'à la station "Porte Maillot "
Taxi (45 minutes environ)

Depuis l'aéroport Roissy- Charles de Gaulle
Métro/RER (45 minutes environ)
RER B, direction St Rémy les Chevreuses jusqu'à la station "Chatelet-Les Halles"
Métro ligne 1, Direction La Défense, station "Porte Maillot "
Taxi : (45 minutes environ)

Cars AIR FRANCE :
Liaison directe avec l'aéroport Charles de Gaulle par navette (30mn).
Départ toutes les 12 minutes de 5h50 à 23h00
Porte Maillot : Boulevard Gouvion St-Cyr (en face l'hôtel Méridien)
http://www.airfrance.fr

En train par la gare du Nord
EUROSTAR - Londres (gare de Waterloo) -Paris (Gare du Nord) en 3 h - 1 à 2 départ chaque heure.
http://www.eurostar.com
THALYS Bruxelles (gare du Midi) - Paris (Gare du Nord) en 1h30 - 18 départs chaque jour Amsterdam (gare de Amsterdam CS)-Paris (Gare du Nord) en 4h30 - 4 départs chaque jour.

En hélicoptère
Héliport de Paris à 10 minutes (Issy les Moulineaux)
Télécharger ci-dessous le baromètre 2008