Syphax, le Ministère des transports remet les pendules à l’heure: la compagnie est bien clouée au sol

"Il ne faut pas forcément croire tout ce que dit le patron de Sypahx", voilà en substance le contenu du communiqué publié par le Ministère des transports associé à la DGAC tunisienne, la Direction Générale de l’Aviation civil. L'annonce d'une reprise des vols le 17 octobre prochain étonne au vu des dettes du groupe.

Dans un texte détaillé, que nous publions ci-dessous, les officiels tunisiens confirment que les projets de relance de la compagnie reposent sur peu de faits réels. Le texte est sans ambigüité et précise que "La société Syphax a décidé, de façon unilatérale et à l’improviste, d’arrêter elle-même son activité en date du 29 juillet 2015, sans aucun respect de sa responsabilité en tant que transporteur aérien envers ses clients voyageurs qui avaient acheté des billets ou envers les postes d’emplois qu’elle procure à ses employés. Cet arrêt a été fait sous le prétexte que cela faisait suite à la décision de l’IATA en date du 28 juillet 2015. La réalité  est que l’IATA ne dispose d’aucune prérogative lui permettant d’arrêter l’activité de n’importe lesquels des transporteurs aériens. L’IATA ne peut que geler l’adhésion du transporteur en son sein et le prive du bénéfice des privilèges de vente de billets pour les sociétés membres".

L’autre commentaire de la DGCA porte sur la sécurité : "La société a fait défaut en matière de conditions de sécurité requises par les lois nationales et les conventions internationales en vigueur en matière d’aviation civile, suite à la résiliation du contrat de maintenance qui la liait à  la société Sabena Technics pour les travaux de maintenance et les services de navigation aérienne, comme le requiert la loi, la DGCA a entrepris de suspendre l’AOC de Syphax en date du 26 août 2015 qui lui avait été donné en date du 17 août, et ce dans l’attente que la société se mette en conformité avec la loi".

Dans la suite du document, on apprend que Syphax Airlines "exploite, depuis sa création en 2012, deux avions de type A319 affrétés auprès de la société allemande Wolbern. De façon exceptionnelle et sur demande de leur propriétaire, les deux avions ont été enregistrés sur le registre national aérien, conformément à l’article 4 du code tunisien de l’aviation civile. Vu que la société Syphax n’a pas tenu ses engagements, financiers et techniques, stipulés dans le contrat d’affrètement conclu avec le propriétaire, ce dernier a demandé à la DGCE la radiation de ses deux avions, en préparation à leur reprise et leur rapatriement, ce que le lui permettent  les lois tunisiennes et internationales, en plus des termes du contrat conclu entre Syphax et Wolbern ".

Au final, beaucoup de créanciers se demandent si la reprise des vols annoncée pour le 17 octobre pourra se faire. Beaucoup en doutent.