Aigle Azur cède ses lignes sur le Portugal à Vueling

Airbus A319 - Aigle Azur
Airbus A319 - Aigle Azur

La seconde compagnie aérienne française, dans la tourmente depuis quelques jours, doit se séparer de précieux créneaux horaires à Orly...

L'hiver sera rude pour Aigle Azur. Son plan présenté aux représentants du personnel doit l'aider à surmonter la basse saison. Ses activités entre sa base de Paris-Orly et le Portugal (Faro, Funchal et Porto) devraient donc être cédées à Vueling. La transaction permettrait ainsi au groupe IAG - auquel appartient la low-cost espagnole, aux côtés de British Airways, Iberia, Aer Lingus et Level - de récupérer de précieux slots sur la plateforme du sud de Paris. La vente pourrait rapporter entre 15 et 30M€ à Aigle Azur. Sa desserte du Portugal pourrait s'arrêter fin octobre prochain. La compagnie migrerait une partie de son activité à Paris-Charles de Gaulle, ne conservant à Orly que ses vols sur l'Europe et une partie de ses vols sur l'Algérie.

La compagnie française entend rassurer sur ses difficultés «à court terme», rappelle qu'elle dispose d'une trésorerie de 25 millions d’euros à date, et affirme pouvoir assurer tout son programme de vol cet été, «le mois d’août 2019 devant en outre être un mois record en termes de chiffre d’affaires, battant tous les précédents chiffres d’affaires mensuels réalisés».

Aigle Azur est dans la tourmente depuis qu'un article du Figaro daté du 8 août a annoncé qu'une société de leasing voulait lui reprendre un second appareil, information aussitôt démentie par la compagnie. Début juin, un autre loueur d’avion avait en effet déjà récupéré un A320 en sortie d’entretien qu’elle exploitait, «utilisant des moyens fallacieux» pour récupérer l'appareil et le relouer plus cher, selon Aigle Azur. Cette dernière a alors affrété un appareil similaire cet été pour assurer les vols et entend reprendre dès cet hiver un de ses deux appareils qu’elle loue à la TAP.

Les difficultés de la compagnie ne sont pas nouvelles. Aigle Azur, dans le rouge depuis 7 ans, aurait accumulé plus de 50M€ de pertes. Et elle peine à récupérer des recettes bloquées en Algérie (estimées à 30M€) dans le cadre de la réglementation locale en matière de change.

Son développement sur le long-courrier, avec l'intégration dans sa flotte de deux A330-200 en avril puis mai 2018, apparaît dès à présent comme un échec. Il se sera heurté au manque de soutien de ses actionnaires chinois et brésilien, eux-mêmes en difficulté et ayant décidé (ou étant dans l'incapacité) de refinancer Aigle Azur. Les compagnies Hainan Airlines (filiale de HNA) et Azul Linhas Aereas (dont David Neeleman est le fondateur) ne se sont pas non plus montrées toujours coopératives. Résultat, Aigle Azur a stoppé ce printemps la ligne Paris-Pékin lancée six mois plus tôt, et va arrêter l'automne prochain son Paris-Sao Paulo inauguré l'été dernier. Aigle Azur, détenue par HNA (49%), David Neeleman (32%) et Lu Azur (19%), serait aujourd'hui en quête d'un repreneur.