L’édito de Gobert : Affaires… Quels déplacements ?

Un peu le parent pauvre de cette crise mondiale dont le tourisme est un des principaux « blessés », pour ne pas dire plus : le déplacement d’affaires, lequel, non seulement n’a pas fini de dépérir, mais risque d’évoluer considérablement.

C’est une bien angoissante étude, relevée par nos nouveaux (et sympathiques) confrères de Bee Travel News que je vous cite ici : « Selon une étude mondiale de Morgan Stanley auprès d’un panel de chargés de voyages du monde entier, environ 31% de l’ensemble des voyages d’affaires internationaux seront remplacés par des téléconférences d’ici la fin de l’année. Et en 2021, elles devraient remplacer 19% des déplacements. Enfin, les chargés de voyages anticipent une baisse de 54% du budget voyages d’affaires des entreprises pour le second semestre 2020 et de 29% pour 2021 ».

Propos hélas confirmés récemment par le débat organisé par le syndicat des Entreprises du voyage mercredi.

Il est vrai que la situation n’est pas claire, très loin même d’être claire, d’autant que les entreprises ont non seulement réduit drastiquement leurs activités, mais encore ne veulent surtout pas mettre en danger sanitaire leurs collaborateurs appelés à se déplacer.

Et c’est là que le bât blesse, dans la mesure où, d’une part, personne ne sait trop comment « relancer » une activité, et d’autre part, avec quels moyens la relancer. Et dans quel contexte ?

Dans la mesure où le désordre est tel que bien malin qui pourrait dire à très court terme, comment les frontières et les conditions sanitaires sont organisées, ne serait-ce qu’à travers l’Union Européenne.

Sans oublier bien sûr, ce à quoi se préparent non seulement les économistes de tous poils mais surtout les entreprises : une grosse crise économique et sociale à très court terme !

Pour le moment, je remarque que les entreprises se sont bien adaptées, grâce notamment aux visio-conférences, lesquelles représentent une opportunité flagrante. Seulement, comme le précisait récemment un dirigeant de réseau, « on ne signe pas des contrats sur Forum ou WhatsApp ».

Bien vu, d’autant que, sans vouloir être ironique, outre le fait de se déplacer, signer un contrat ou négocier, le voyageur « d’affaire » aime le contact… et l’opportunité de voir d’autres contrées. Ceci pour rester politiquement correct !

Qui peut prévoir maintenant l’avenir ? Les plus optimistes parient sur une reprise dès 2021… Tout va dépendre de la situation économique mondiale, aussi bien d’ailleurs que la situation sanitaire.

Là, rien n’est gagné, d’autant que les autorités de chaque pays n’arrivent pas à agir de façon responsable et unie.

Comme le disait un haut responsable d’Amex, c’est là que les agences de voyages vont pouvoir également jouer à plein leur rôle de conseiller : quelle compagnie aérienne choisir, qui respecte pleinement les normes de sécurité sanitaire, quels hébergements, etc…

A condition, bien sûr, d’être eux-mêmes informés d’une situation qui nous dépasse encore tous…