Le trafic aérien retrouve ses niveaux de 2019, selon la FNAM

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Point sur l’activité, transition écologique, évolution des prix des billets d’avion, compétitivité… l’organisation professionnelle du secteur aérien (*) a profité d’un point presse pour dresser un bilan de l’année écoulée, et se projeter sur 2023.

Le trafic aérien en France a retrouvé l’an dernier 80% du niveau de 2019. Mais nous étions à 94% ce mois de décembre. La tendance est très positive et cela progresse crescendo. Les premiers mois de 2023 sont au niveau de ceux de 2019 !”. Pascal de Izaguirre, président de la FNAM (Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers), s’est montré particulièrement optimiste pour le secteur aérien, lors de ses voeux à la presse ce mardi. Le patron de Corsair craignait que la forte reprise de l’été dernier soit d’abord liée à un effet rebond, à une envie de re-voyager après les années frustrantes du Covid, et que les résultats de l’hiver ne confirment la bonne dynamique.

L’envie et le besoin de voyager sont là. Les réservations ne cessaient d’être toujours plus tardives. Or, nous avons une bonne visibilité pour le premier semestre. La fenêtre des réservations a tendance à s’élargir. Nous constatons une anticipation croissante chez les passagers. Et nous avons déjà des engagements pour l’hiver 2023-24 !”. Pascal de Izaguirre espère ainsi une amélioration significative des performances financières des compagnies aériennes cette année. Il a par ailleurs relativisé la hausse des tarifs des billets d’avion : “Nous constatons hors inflation une évolution en moyenne de 10% des prix par rapport à 2017, en se basant sur l’année de l’indice 100 des baromètres de la DGAC. Et celle-ci s’explique par les hausses des prix de production, et un kérosène qui continue à être très élevé”.

Le président de la FNAM affiche également un bel optimisme concernant la nécessaire décarbonation du transport aérien, estimant que “l’intelligence collective, les progrès de la science et des technologies nous permettront de surmonter ce problème, et non des mesures contraignantes et coercitives voulant imposer une décroissance de notre secteur”.

L’organisation professionnelle souhaite des mesures fiscales pour accélérer le renouvellement des flottes, qui va prendre du temps. Le SAF étant la meilleure manière pour décarbonner à moyen-terme, la FNAM se félicite de la tenue d’une réunion mi-février avec trois ministres – dont Clément Beaune et Agnès Pannier-Runacher – et les énergéticiens afin d’avancer sur la création d’une filière de carburants aéronautiques durables (CAD). Autre constat rassurant, selon Pascal de Izaguirre , le faible impact des discours anti-aériens vu les remplissages des avions aujourd’hui.

Alors que les compagnies aériennes se doivent déjà de financer cette transition énergétique coûteuse, et dans un environnement très concurrentiel où les règles ne sont pas partout les mêmes, la FNAM en appelle par ailleurs à une stabilité réglementaire et fiscale.

Pascal de Izaguirre n’a pas manqué de relever d’autres sujets d’inquiétude. Les low-costs continuent ainsi à grignoter des parts de marché au pavillon français (40% pour ce dernier aujourd’hui). L’année 2023 va par ailleurs être celle du début de remboursement de certains PGE, que la FNAM souhaiterait voir transformés en subvention.

L’entrée en vigueur de l’EES, ce futur système de contrôle aux frontières appliqué aux extra-européens à l’entrée  de l’UE, basé notamment sur la biométrie, préoccupe également les acteurs du secteur. Et la FNAM se réjouit de son récent report à novembre prochain.

L’organisation s’inquiète enfin des manques d’effectifs au niveau de la police des frontières, lesquels devraient se traduire, à Orly cet été, par la suppression de nombreux vols.

(*) La FNAM représente plus de 95% du transport aérien français. Au travers de 7 groupements professionnels dont la CSTA (Chambre Syndicale du Transport Aérien), la CSAE (Chambre Syndicale de l’Assistance en Escale) et le SNEH (le Syndicat National des Exploitants d’Hélicoptères), elle fédère 9 métiers et représente plus de 370 entreprises, soit plus de 100 000 emplois dont 65 000 en compagnies aériennes, 15 000 dans l’assistance en escale et gestionnaire d’aéroports et près de 20 000 dans les autres secteurs.