Le patron d’Air France/KLM est à l’offensive dans la communication. Premier aspect, un message adressé par mail aux clients du groupe avec une motivation simple : «Parce que ce conflit a perturbé vos activités et vos vies, nous vous devons des explications». Ce qui suit ne va forcément pas plaire à tout le monde. «Nous allons maintenant accélérer le développement de Transavia, la compagnie low cost du groupe Air France-KLM et lutter à armes égales avec la concurrence. Ce projet est vital pour notre Groupe c'est pourquoi même si nous avons tout fait pour que la grève s'arrête au plus vite, nous n'avions pas le droit d'y renoncer». De quoi remettre le feu aux poudres des pilotes puisqu’au même moment, le SNPL publiait un tract d’explications de fin de conflit dans lequel il écrit: «Masquant à peine sa volonté de ne pas respecter - une fois de plus - un accord signé avec ses pilotes, la direction réaffirmait sa volonté de faire croître Transavia France, à sa manière. Dialogue social, disiez-vous ?»
C’est exactement dans ce sens qu’Alexandre de Juniac est intervenu devant la Commission durable de l’Assemblée nationale. Ses messages : «Le développement de Transavia est un élément clé». Pour que les choses soient claires, le PDG insiste : «Pour les low cost, la France est devenue un marché cible» et «le retrait de Transavia Europe est un affaiblissement stratégique». Pour l’heure, ce projet Transavia Europe est cependant bel et bien enterré : même si aucun protocole de fin de grève n’a été signé, le PDG ne compte pas revenir sur cette promesse «Transavia Europe est abandonné. Peut-on y revenir un jour ? Peut-être» dit le CEO qui n’en semble pourtant pas convaincu. Le projet, il faut l’avouer, semblait peu préparé encore et le développer de toutes pièces avec 3 unités distinctes (Transavia Hollande, Transavia France et Transavia Europe) ressemblait tout de même à une usine à gaz dont seule Air France a le secret.



