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Air France, les pilotes en faveur d’une grève dure ?


Le SNPL engage un référendum auprès de ses adhérents pour répondre à une question simple : faut-il faire grève pour s’opposer à la décision de la direction d’Air France de baisser la rémunération des pilotes ? Même si l’organisation syndicale précise que ce sera "l’ultime recours en cas de blocage des négociations", beaucoup s’interrogent sur le bien-fondé d’une arme qui, à force d’être brandie, perd beaucoup de sa valeur. On aura la réponse le 30 mai prochain. L’enjeu, un mouvement social qui pourrait débuter dès le mois de juin, en plein Euro de football.



Selon les premières estimations internes, le résultat serait incertain. Beaucoup prônent un dialogue musclé en évoquant le fait que ce n’est pas le moment pour se lancer dans un mouvement dur alors que toutes les voies n’ont pas encore été explorées pour faire plier la direction. Leur demande : faire qu’AF revienne sur sa décision de baisser la rémunération des heures de nuit de 50 à 40 %.

Pour d’autres, le danger de voir Transavia se développer au-delà du raisonnable reste un combat prioritaire dans un univers où la tendance à la baisse des salaires est une réalité mondiale pour les pilotes de lignes. L’ouverture de bases européennes pourrait, selon eux, signer l’arrêt de mort du court et moyen-courrier.

Mais ce référendum tombe mal à en croire le Parisien qui vient de révéler que la rémunération des pilotes d’Air France a progressé de 7% en 2015 alors qu’elle n’était que de 1,5% pour les autres catégories de salariés d’AF. Le SNPL confirme l’information tout en contestant la méthode de calcul car "la part variable de la rémunération est devenue plus importante que la base salariale ". Le syndicat signale également les pertes de salaire constatées entre 2008 et 2014 et l’arrêt total des négociations voulues par la compagnie sur tout ce qui touchait directement au salaire des pilotes.

Enfin, le SNPL sait qu’il n’aura pas le soutien du public s’il venait à faire grève. Un point à ne pas mésestimer au moment même où la notion de « nantis » refait surface dans l’opinion. Si le référendum est une obligation légale, pas sûr que ce soit le meilleur moyen de sortir de la crise qui couve depuis la reprise des négociations, en février dernier.