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BAR France : la taxe CDG express est "injuste, antiéconomique et d’un légalisme discutable"


Air France et la FNAM ne sont pas les seules à avoir de sérieuses réserves au sujet du financement du CDG Express. BAR France, qui représente 70 compagnies aériennes opérant dans l'Hexagone, est également opposé à la mise en place d'une taxe sur les passagers de Roissy. L'organisation estime qu'il s'agit d'une "mesure injuste, antiéconomique et d’un légalisme discutable".



Le gouvernement envisage de mettre en place une taxe de 1 euro sur tous les billets d'avion arrivant ou partant de Roissy à partir de 2017 afin de financer le CDG Express. Si le BAR France soutient le projet d'une desserte directe, il ne voit pas ce financement d'un bon œil. L'organisation estime qu'il s'agit d'une mesure injuste rappelant que le transport aérien finance d'ores et déjà ses infrastructures (aéroport, navigation aérienne), la sécurité ainsi que la taxe de solidarité.

Le BAR France pense aussi que ce projet est anti-économique et anticoncurrentiel. Le Bar France explique: "L’argument selon lequel un euro de plus ou de moins n’a pas d’effet sur la demande de transport en provenance de l’étranger ignore la volatilité d’un marché d’autant plus concurrentiel qu’il s’est progressivement dématérialisé mais surtout il ne tient pas compte de l’impact négatif sur notre image d’une taxe de plus dont notre pays a le secret". Il ajoute : "Les grands aéroports mondiaux dotés d’une liaison spécifique rapide vers les métropoles qu’elles desservent, n'en ont pas assuré le financement par une taxe sur les passagers".

Pour l'organisation, la mesure est également juridiquement et éthiquement contestable. "Les mesures fiscales comme celles proposées par le financement de CDG Express vont à l’encontre des règles sur la fiscalité publiées par l’OACI et en particulier l’article 15 de la Convention relative à l’aviation internationale civile (Convention de Chicago ratifiée par la France). Le projet du gouvernement est la création d’une taxe affectée à une catégorie de passagers utilisant l’aéroport de CDG. Or ce futur moyen de transport ne sera pas forcément utilisé par certains voyageurs partant ou arrivant de cet aéroport et il n’y a aucune justification de leur faire supporter une taxe pour un service non rendu. On voit là le caractère contestable ce projet".

Le BAR France explique que "Contrairement à une vieille idée complètement dépassée mais malheureusement encore répandue, le transport aérien n’est plus depuis longtemps un service de luxe réservé à des catégories privilégies que l’on peut taxer indéfiniment. C’est un des secteurs clés de notre économie qui mérite, à ce titre, d’être traité par des financements publics à l’instar d’autres secteurs stratégiques tels que ferroviaire, portuaire ou énergétique". Il conclut "Une liaison ferroviaire dédiée entre le premier aéroport français et Paris mérite un effort public urgent et sérieux dont nous retrouverons rapidement, bien que tardivement, les dividendes en termes économiques et en termes d’image".