Dans une réponse factuelle, Booking n’a pas manqué de faire remarquer que «L’information donnée par le Ministre est ancienne et date de plus de 3 mois». Notons qu’une première plainte contre Expedia avait été déposée le 13 novembre 2013 et que celle évoquée par Arnaud Montebourg date du 21 février 2004. C’est Pierre Moscovici, alors Ministre de l’économie et des finances, qui avait engagé les poursuites. Il reste que le contenu de la plainte n'est pas connu et que les demandes du Ministre sur le dossier n'ont jamais été officiellement publiées. Mais au-delà, le fond du problème est plus complexe. Comme le précisait dans nos colonnes Stéphane de la Forcade, d’HCorpo, «La relation fournisseur/distributeur ne se fait ni de force, ni contrainte». On connaît des hôteliers heureux et d'autres effondrés par l'attitude des OTA'S.
Mais, politiquement, la grogne des hôteliers ne saurait rester sans réponse. Une vision affirmée par le Gouvernement Français qui veut des «règles claires et définies pour laisser s’exercer la libre concurrence». On retrouve là des mots déjà utilisés dans la « guerre » Taxis/VTC. Mais ce serait sans tenir compte de la réalité du terrain. «A l’origine perçus comme de simples annuaires, les portails de réservation en ligne sont devenus des machines à engranger, grâce aux réservations qu’elles enregistrent, des commissions de plus en plus larges reversées par les hôteliers», souligne Rémi Ohayon, depuis 15 ans expert en e-marketing au service des hôteliers et des restaurateurs. Et de critiquer dans son ouvrage Addi(c)tion – le hold-up des intermédiaires, les méthodes marketing utilisées sur le web comme l’utilisation de formules : «meilleur prix garanti», «prix réduit» ou «offre de dernière minute». Pour lui, «Ces centrales ont réussi à imposer leur visibilité sur les moteurs de recherche avant même les sites officiels des hôtels et, par leurs accroches, à détourner les consommateurs d’une relation directe avec celui qui doit lui faire vivre une expérience unique». Mais Rémi Ohayon, lucide il est vrai, est aussi le patron de 5 ou 6 sociétés marketing qui travaillent dans l'univers de l'hôtellerie. Difficile d'être juge et parti.



