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Flybe, toutes les low cost ne sont pas taillées pour réussir


En supprimant plus d'une trentaine de lignes, première réponse aux difficultés économies récurrentes (malgré un retour aux bénéfices pour le premier semestre 2013), Flybe envoie un signal négatif aux analystes de l'aérien. De fait, pour les observateurs, toutes les low-cost ne sont pas forcément sur des business modèles efficaces. Comme l'évoquait Scott Gillespie, spécialiste américain du business travel, "La normalisation des marchés ne passe pas forcément par une stratégie qu'il suffit de copier". Et alors ?



Si l'on regarde de plus près les évolutions du low cost aérien, on constate vite qu'aucun modèle n'est à l'abri de la concurrence. Ryanair va se rapprocher du voyage d'affaires, ce qu'a fait Easyjet depuis deux ans. Air France veut imposer Hop! sur le terrain du déplacement professionnel et Lufthansa confie à Germanwings le soin d'assurer le regroupement des voyageurs européens vers ses hubs allemands. Nous n'en sommes qu'aux prémices de la bataille qui s'annonce. Vueling ou Iberia Express entrent dans la danse depuis quelques temps, avec des résultats plus que surprenants. Norwegian fait un retour tout comme Wizz qui veut revenir sur ce marché. Ne parlons pas de l'Asie où les prémices d'une concurrence forcenée se met en place.
Alors pourquoi Flybe tousse t-elle ? Premier élément de réponse, la prudence a tué l'innovation. Flybe n'a pas été très inventive et le paye aujourd'hui. Autre possibilité d'explication, une grille tarifaire peu lisible associée à une absence de relations et de communication avec les acheteurs européens. En France, le bureau de Flybe a été fermé. Sans doute parce que la compagnie ne croyait pas au marché hexagonal. Difficile de valider cette idée, tant les exemples contraires sont nombreux. Il reste alors à évoquer le nerf de la réflexion : la stratégie de développement. C'est ici que le bât blesse. L'exemple de Flybe sonne le glas d'une vision par trop classique d'un transport aérien, partagé entre de vieux modèles et les nouveaux, plus agressifs et imaginatifs. Mais ne nous trompons pas, une crise ne signe pas l'arrêt du transporteur. Elle donne le ton de l'avenir et des projets associés. Flybe le sait. Il lui reste à trouver la solution.

Hélène Retout

Lundi 9 Décembre 2013


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