
La montée en puissance de David Azema n'est pas le fruit du hasard. Largement présent dans l'entreprise, il est aujourd'hui considéré comme l'homme le plus au fait des dossiers chauds de la SNCF. En lui confiant des dossiers chauds comme la réforme du ferroviaire, il est certain que la succession se prépare en douceur. Mais le point le plus important, c'est sans conteste la réforme du statut des cheminots. Qui va la mener avec doigté tout en préservant la susceptibilité syndicale sur le sujet et le besoin d'évoluer, comme l'avait promis le chef de l'état en évoquant les changements dans la fonction publique ? Ce dossier est brûlant et celui qui le touchera risque de se brûler les doigts. On pourrait naturellement penser que le Président de la SNCF va se l'accaparer. Au pire, il servira de fusible entre l'Elysée et la base, laissant à David Azema le soin de terminer la réforme qui sera engagée.
Mais au delà de ce dossier technique, David Azema doit rabibocher la SNCF avec RFF (réseau ferré de France). Les relations sont très tendues entre les deux sociétés et l'actuel Président de la SNCF n'est pas le mieux placé pour faire "ami-ami" avec l'entreprise en charge du réseau. Autre coup de projecteur : la concurrence qui arrive, et souhaitée par Guillaume Pepy, va demander une nouvelle stratégie commerciale à la SNCF que ce soit dans les services, les prix, le réseau exploité. Là encore, le sujet est politique et technique. Un mariage à la Pyrrhus entre actuels partenaires et futurs concurrents. Dernier point, et non des moindres, Pepy a de solides amitiés dans l'entourage de François Hollande. En cas de changements politiques en mai prochain, certains le verraient bien Ministre des Transports. Un poste alors taillé sur mesure pour celui qui connait parfaitement le domaine. Rumeurs ou simple vue de l'esprit... Il faudra encore attendre quelques mois.


