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Mardi 10 Septembre 2013

La FNAUT proteste contre le transfert des services de TER au bus


Dans une lettre ouverte adressée aux président(e)s des conseils régionaux, la FNAUT exprime sa crainte croissante de transferts de services ferroviaires régionaux sur route, et demande l’expérimentation rapide d’un recours à d’autres exploitants que la SNCF.



La FNAUT proteste contre le transfert des services de TER au bus
La solution préconisée par la Cour des Comptes, la commission Mobilité 21 et la SNCF elle-même pour réduire la charge financière du TER est de transférer certains services sur route. La FNAUT (Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports) écrit aux présidents des conseils régionaux pour dénoncer les "effets pervers" et estime que "les Régions ne peuvent plus être des chambres d’enregistrement de la dérive des coûts". Nous reproduisons ici ses arguments :

"En cas de transferts sur route occasionnels et de fermetures de lignes, une partie importante de la clientèle se détourne du transport public et se reporte sur la voiture individuelle. Suite à ce report, un transfert sur route présente, contrairement à une idée reçue, un bilan énergétique négatif. Par ailleurs il renforce les inégalités territoriales au sein des régions. Un transfert sur route permet de faire des économies à court terme mais évite de s’interroger sur les causes de la faible fréquentation du train : la qualité médiocre des services, et surtout les coûts
d’exploitation beaucoup trop élevés de la SNCF. En Allemagne, la délégation de service public est une démarche gagnant-gagnant. Depuis 1996, les nouveaux opérateurs comme la Deutsche Bahn ont diminué les coûts d’exploitation, amélioré et étoffé l’offre ; la contribution publique a diminué ; la fréquentation a augmenté ; l’emploi cheminot a été développé ; l’industrie ferroviaire a bénéficié de commandes importantes ; 500 km de lignes régionales ont été rouverts au trafic voyageurs".

La FNAUT demande donc aux président(e)s des conseils régionaux d’exclure tout transfert sur route et de plaider auprès du législateur – comme cela a été fait pour la régionalisation – pour le droit à l’expérimentation de l’ouverture à la concurrence des services TER, par délégation de service public ou création de société publique locale. Pour elle, "Cette expérimentation doit débuter en particulier sur les lignes dont la pérennité est menacée".
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1.Posté par Mykel le 11/09/2013 09:02
Très bonne analyse de la FNAUT.
Sous prétexte de non-rentabilité non prouvée, on ferme année après année de nombreuses lignes régionales. C'est inacceptable ! STOP au développement des lignes TGV, OUI au développement des lignes classiques, et à la rénovation/électrification et à la réouverture des lignes régionales françaises !

2.Posté par Garfield le 11/09/2013 10:11
La France souffre de deux maux majeurs sur ce dossier.

Le premier de ces maux est la SNCF. La seule chose que propose cette société pour corriger des décennies d'abandon du rail et d'absence de combativité pour gagner des parts de marché sur le trafic des marchandises et des personnes, c'est de réduire encore et encore le réseau, jusqu'à le rendre inutile et ingérable. La SNCF réagit à court terme: cette petite ligne régionale ne rapporte pas assez, donc on va déjà supprimer les trains insuffisamment remplis et on propose des cars; résultat, les voyageurs passent au véhicule mais privé, la ligne est encore moins rentable, donc on réussit au final à faire fermer et déferrer cette ligne. La première erreur de l'époque a été de fermer les gares et en retirer le personnel: si on avait pensé à ce moment-là à former les chefs de gare en personnel dédié à l'exploitation ET au commercial, avec charge pour eux de chercher à vendre le rail comme moyen de transport (contact local direct), il est probable que certaines lignes verraient encore des marchandises sur ces petites lignes qui sont les petites artères qui alimentent les grands axes et qui diffusent ce qui vient de ces grands axes, et donc aideraient à rentabiliser les infrastructures et l'entretien. Mais non, la SNCF préfère se transformer en établissement routier, et ne garder que le TGV pour la gloire et jouer dans la cour de l'aéronautique. Pitoyable SNCF...

Quant aux politiques, ils sont tout autant responsables. Qui a laissé un établissement public, la SNCF, se déliter sans bouger? Qui a même poussé un établissement public, toujours la SNCF, à investir dans le rail de luxe (TGV, par exemple) ou les zones à grand volume d'électeurs (Île de France), quitte à provoquer la désertification de la majeure partie du territoire? Qui cherche encore et toujours à dilapider l'argent public pour défigurer les paysages à grands coups d'autoroutes pour soi-disant "désenclaver" certaines villes, justement celles que l'on a volontairement enclavées en supprimant leurs liaisons ferrées? Qui a poussé un autre établissement public, ici La Poste, par des pressions continues à "réduire les coûts" sans penser à la globalité des services, à transporter courrier et colis par une flotte monstre de camions et camionnettes plutôt que d'utiliser l'autre société publique de transport qu'est la SNCF pour les tonnes de fret postal (autant de perdu pour les "petites" lignes, une fois de plus)? Ce sont bien ces "chers" élus, ou plutôt, devrions-nous dire, ces coûteux élus!

Il serait temps que ces élus, justement, commencent à mettre leur temps et leur énergie au bénéfice du service public et de la société en général, plutôt qu'à la consolidation de leurs acquis et leurs avantages bien garantis ainsi qu'au bénéfice de la petite minorité des notables qui parasitent l'économie nationale et monopolisent les ressources financières du pays...

3.Posté par DEBANO le 11/09/2013 10:33
La FNAUT a tout à fait raison, mais pratiquement toutes les Régions refusent par dogmatisme l’exploitation de lignes TER par d'autres opérateurs ferroviaires. Si expérimentation d’autres opérateurs il y a, il ne faudrait pas que cela ne concerne que des lignes que l'on propose de mettre sur route, et donc au bord de la tombe et dont l'infra doit être dans un état déplorable, mais aussi des lignes avec infra correcte, mais sous exploitées en TER par la SNCF (ex Thionville Apach) pour que la comparaison puisse être valable

4.Posté par Fred le 11/09/2013 11:28
Une mise sur route, c'est 50% de voyageurs en moins au minimum.
Il faut une exploitation simplifiée (cf Guingamp Carhaix Paimpol ou l'ex allemand)

5.Posté par dams le 11/09/2013 23:44
encore une comparaison avec l'allemagne...
mais pour que la comparaison soit valable et que les prix baissent, n'oubliez pas de dire que l'état allemand à repris la dette du reseau ferré, ce qui n'a pas été fait en france !!
encore un article biaisé !

6.Posté par DEBANO le 12/09/2013 09:59
@dams. La comparaison de Fred avec l'Allemagne est tout à fait pertinente. L'application des méthodes allemandes, suisses, et autres sur les lignes TER permettrait de faire baisser les coûts d'exploitation hors péages de 30%. Et dans le domaine de l'exploitation, les dettes de l'infrastructure n'ont rien à voir. Tout au plus peuvent elles avoir une incidence sur les péages d'infrastructure



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