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Michael O’Leary affirme que plusieurs aéroports principaux en Europe courtisent Ryanair


Lentement mais sûrement, Ryanair tisse sa toile européenne en matière de business travel. Interrogé dans le cadre de la convention GBTA à Berlin, Michael O’Leary a précisé le 13 novembre dernier sa vision de l’évolution du marché. Bien évidemment, le voyageur d’affaires devient une source de rentabilité attendue. Le patron de Ryanair a gentiment taclé EasyJet qui, pour lui, ne fait rien d’exceptionnel dans le monde du corporate travel.



«Les entreprises ne veulent plus payer 4 ou 500 € pour un vol d’une heure qu’ils feront sur une journée», a détaillé le patron de Ryanair qui reconnaît que son modèle low cost est aujourd’hui à revoir. «Même si nous avons progressé tous les ans en matière de passagers, il faut désormais regarder la segmentation des marchés et s’y adapter». Mais au-delà du constat, Ryanair affirme aujourd’hui que les principaux aéroports dans de nombreux pays européens viennent lui proposer des créneaux et lui demandent des ouvertures de ligne. Et d’ajouter que face à la crise «les relations commerciales sont plus simples et les attentes des aéroports sont plus claires».

Mais attention, Michael O’Leary reste lucide. Tous les pays ne lui semblent pas adaptés à cette nouvelle politique. S’il ne s’étend pas sur la France, il reconnaît que l’Allemagne reste une base solide, tout comme l’Italie ou l’Espagne. Officiellement, il ne cherche pas à venir sur Paris, même s’il sous-entend que des contacts existent, mais reconnaît que l’offre de province reste forte et économiquement plus intéressante. Aujourd’hui, le coporate travel pèse 8% du trafic de la compagnie irlandaise. Il aura doublé fin 2015. Enfin, il affirme que la nouvelle politique des GDS l’a conduit à faire le choix d’Amadeus. «Nous constatons tous les jours les effets positifs de ce choix», affirme t-il.

Du temps et de la mobilité

Malgré les annonces de la presse anglaise qui le voyait voler dès 2015 vers New York, Michael O’Leary affirme qu’il ne fera rien avant 5 ans en raison du manque d’avions. «Il faudrait trouver 50 appareils à minima pour assurer un vrai service long courrier. C’est faisable mais cela demande du temps». Et le constat qui est fait est simple : le business model du long courrier est très dépendant de la périodicité ce qui n’est pas le cas sur le court courrier lorsque les tarifs sont agressifs. «Bien sûr, selon lui «le long courrier vu par Ryanair s’oppose à la vision des transporteurs traditionnels qui comptent dessus pour éponger les dettes du court et moyen courrier».

Enfin, Ryanair parie sur la mobilité qui explose en Europe. «Le mobile va révolutionner le voyage d’affaires ce qui sera un défi énorme pour les GDS et les agences de voyage», souligne Michael O’Leary qui met en garde: «Si ce défi n’est pas relevé par tous, nous construirons nos propres portails pour chacun de nos gros clients et mettrons nos agents de voyages à leur disposition. Nous savons nous adapter». Et pour conforter la concurrence, le site de Ryanair proposera dès 2015 un comparateur en temps réel du prix des billets d’avion, loisir et business. «On verra clairement qui est le moins cher» termine-t-il.