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Pilote d'avion, un métier bientôt réservé aux riches ?


Pilote est un métier qui fait rêver. Mais en cette période difficile où les compagnies cherchent par tous les moyens à réduire leurs coûts, certaines pratiques montrent que le sort des navigants, et principalement de la jeune génération, n'est pas toujours enviable. Une nouvelle fois des syndicats européens tirent le signal d'alarme contre le développement du "Pay to Fly" dans certaines low-cost. C'est-à-dire que les pilotes paient eux-même leur formation.



Peu de places de pilote pour un grand nombre de candidats. Certaines compagnies profitent de cette équation pour réduire leur coût. Les jeunes pilotes diplômés sont parfois amenés à payer leur qualification pour un type d'avion ou parfois simplement pour obtenir un entretien. Alors que L'ECA (Fédération européenne des associations de pilotes), l'AEA (Association européenne des compagnies aériennes) et l'ETF (Fédération européenne des travailleurs des transports) avaient déjà averti en février 2015 du développement de formes atypiques d’emplois dans l’aviation, le syndicat des pilotes néerlandais VNV et son homologue britannique Balpa tirent à nouveau le signal d'alarme. Avec le système de Pay to Fly mis en place par certaines low-cost, seuls les riches peuvent devenir pilotes. Les jeunes qui n'ont pas les soutiens financiers nécessaires ont de plus en plus de mal à atteindre leur rêve.

Le porte-parole de Balpa Richard Toomer a expliqué au site Independent : "Les générations précédentes de pilotes avaient leurs qualifications et formations payés par la compagnie. Le navigant était ensuite lié à la compagnie pour une période de plusieurs années, de sorte que les coûts de formation devaient être remboursés seulement si le pilote quittait l'entreprise pendant cette période". Il souligne: "Beaucoup de stagiaires navigants d'aujourd'hui – déjà endettés d'environ 80 000 livres en raison du coût de leur licence de pilotage – doivent ensuite financer leur propre qualification avion et leur formation. Il y a une préoccupation croissante sur les répercussions de cette pratique y compris sur les relations industrielles, l'engagement, la santé, la sécurité et la qualité de vie de travail". Des questions que ne peuvent que partager les passagers.

En juin 2015, un rapport avançait par exemple que les pilotes de Ryanair déboursaient entre 5000 et 13.000 euros pour leur formation.