Pas certain pour EasyJet que l’opération soit sans danger. Oui, il faudra du temps à Ryanair pour capter la clientèle business mais les premiers coups donneront le ton de la bataille low-cost qui s’engage dans le déplacement professionnel. D’autant qu’EasyJet, forte d’un succès sur le terrain, n’a pas beaucoup d’opportunités nouvelles pour se développer. Ryanair va donc passer du «pas grand-chose à bord» au « on en fera toujours plus pour les voyageurs d’affaires ». Et sur ce créneau, le surprenant patron de Ryanair a de quoi surprendre le marché: une entrée dans les GDS totalement inattendue puisque longtemps refusée (le 15 octobre sur Amadeus), des avions neufs, une vraie réactivité, de quoi bousculer le marché et on peut faire confiance à ce trublion d'O'Leary pour trouver d'autres idées, par exemple l'implantation permanente sur des plate-formes majeures où il n'est pas aujourd'hui.
La compagnie irlandaise n’aime pas s’exprimer sur sa stratégie à long terme, elle travaille généralement dans un secret bien gardé... que bouscule parfois Michael O’Leary! Dans les colonnes du Guardian, il y a un mois, le patron de Ryanair n’a pas caché qu’il fallait faire évoluer le concept et s’adapter aux changements attendus par la clientèle. Son arme ? La montée en force du Best Buy sur le court et moyen-courrier européen qui ne demande aucun service particulier. Les outils ? Des services intégrés dans un prix unique, sans frais supplémentaires. Ponctualité, qualité de l’embarquement, places réservées à l’avant de l’appareil et un prix « tout compris », voilà ce que veulent les entreprises. Sur ce segment, Ryanair a lui aussi « tout compris » et devrait très vite annoncer quelques surprises tarifaires. Selon la presse britannique, l’idée d’un prix rond, 150 € l’AR, pour l’offre "affaires" sur une quarantaine d’aéroports principaux serait mise en place rapidement. Même la France serait concernée sur les aéroports de province et à terme sur Orly et Paris que négocierait Ryanair.



