Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels




Vendredi 29 Mai 2015

SNCF: un siècle de suppressions de lignes


Adapter le déplacement à la réalité des déplacements est essentiel. Rien ne sert de s’opposer à la refonte du réseau ferroviaire si d’autres moyens se mettent en place. L’exemple américain est plus qu’intéressant : sur les petites distances, le bus a pris le relais du train avec, en moyenne, une économie d’exploitation de plus de 59%.



Poincaré l’exprimait un peu vertement en expliquant que « l’intérêt collectif ne saurait se satisfaire des petits besoins de chacun ». Une vision politique mais qui sonnait déjà le besoin de réformer les acquis quotidiens. Les cartes ci-dessous sont représentatives de l’évolution du réseau en un siècle.

Certes le monde a changé, la voiture s’est développée et les activités professionnelles se sont fortement urbanisées… Mais voilà de quoi étonner !

Enfin, et notons l'information fournie par un abonné du site webcheminots : SNCF n'est arrivée qu'en 1938, il y a donc 77 ans. Dont acte.

La carte du réseau ferroviaire entre 1910 et 1930 et celle entre 2008 et 2014 - source cheminots.net

Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Cliquez sur l'image pour l'agrandir

La carte du réseau ferroviaire en 1921

Notez




1.Posté par fred le 29/05/2015 10:26
15000km de lignes (pas toutes viables certes) fermées pour 2000km de LGV ouvertes.
Vivement l'essence/gazole à 5€/litre qu'on s'aperçoive des avantages du transport ferroviaire en matière d'environnement et d'aménagement du territoire.

2.Posté par Garfield le 29/05/2015 14:57
Problème, cette "adaptation" s'est surtout faite dans le seul souci d'une certaine image de la modernité. Lorsqu'on prend le temps de s'intéresser à l'historique de bon nombre de ces lignes aujourd'hui disparues ou placées en mode survie, on s'aperçoit surtout des points suivants:
- Les compagnies privées ont souvent construit des lignes pour satisfaire des intérêts à court terme, comme le fait de pouvoir bénéficier de fonds pour la construction de ces lignes, même si elles savaient pertinemment que la rentabilité ne serait jamais au rendez-vous. Combien de ces lignes n'ont jamais été exploitées en fonction des besoins réels exprimés par la population, mais à la bonne (et surtout la mauvaise) volonté des compagnies, puis de la SNCF (densité de la desserte, horaires inadaptés, correspondances dissuasives)?
- Certaines lignes sont nées, puis ont disparu, par la seule volonté de certains élus influents, en faveur du rail pour ceux qui les ont voulues, en faveur des transporteurs routiers privés pour ceux qui les ont honnies...
- Si certaines lignes étaient dès le départ des erreurs de gestion du territoire, d'autres ont été et seraient encore très utiles à la société, et cela même si leur rentabilité directe n'était pas garantie; ce qui était considéré comme un déficit injustifiable n'a été que l'occasion de transférer des fonds à la route et tous ceux qui pouvaient s'enrichir dans le BTP et l'exploitation de sociétés routières; le déficit du rail a juste été transformé, par la magie des mots et des effets de mode, en investissements routiers, en efforts de désenclavements, et les utilisateurs de véhicules routiers doivent aujourd'hui débourser plus en transports qu'à l'époque, grâce à l'amoncellement de taxes, impôts et... investissement personnel.
- Combien de personnes sont, aujourd'hui, contraintes de se déplacer, non pas par choix, mais par obligation? Sans nul doute bien plus qu'autrefois! Le déplacement pour aller travailler ou étudier n'est plus un choix, mais une contrainte entre des lieux de travail concentrés dans des zones peu ou pas desservies par les transports publics, et des logements qu'il faut trouver et avoir les moyens de payer, repoussant les moins fortunés à émigrer de plus en plus en périphérie pour trouver des logements à leur portée... Des transports qui sont imposés à la population uniquement par une gestion du territoire et un urbanisme qui n'est qu'un vaste échec à l'échelle du pays.
- Déjà, à l'époque, le coût de l'énergie pétrolière faussait la concurrence entre transport de masse et transport individuel, les politiques industrielles favorisaient la route par rapport au rail, la pseudo-modernité du transport routier individuel a été imposée dans les esprits, et le résultat est, qu'aujourd'hui où la crise de l'énergie est à nos portes, tout ce que quelques générations a investi en infrastructures ferroviaires (et dans les canaux) a été en grande partie détruit avec acharnement.
- Le transfert du rail à la route est donc autant la faute des propriétaires et exploitants ferroviaires, que des élus qui ont fait de leur mieux pour promouvoir la route et leurs bénéficiaires, cela aux dépens d'une population devenue dépendante de transports routiers privés.
Je pourrais encore en ajouter (hélas), mais les faits sont tenaces lorsqu'on étudie l'histoire des transports et que l'on relève les manquements de l'époque, les erreurs récentes, et l'obstination coupable d'ignorer les transports de masse actuellement dans tout ce qui traite de la gestion du territoire et de l'urbanisme. Pour le moment, l'avenir est sombre...

3.Posté par Ptipierre le 29/05/2015 18:22
Bravo à Garfield!
Tout est dit, rien à ajouter!



Qui sommes nous ? - Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires et sites recommandés : Vacances Pratiques, twitter, Google France, Santé voyage

Numéro de Commission Paritaire des Publications et Agences de presse : 1216 W 90128
Numéro d' ISNN - 2105-049X - Numéro de déclaration à la CNIL : 1391313

 

 Deplacements Pros.com est membre du Syndicat de la Presse d'information en ligne (Spiil).

Deplacements Pros.com est membre du Centre Français d'Exploitation du Droit de la Copie.

Merci de le signaler à votre entreprise afin qu'elle rajoute Deplacements Pros.com sur sa liste des sources d'informations consultées par son personnel.