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Un nouvel élan pour le ciel unique européen


La Commission européenne et les compagnies aériennes protestent depuis des années sur la lenteur de la mise en place d'un ciel unique européen, chargé de favoriser routes courtes, économies et écologie. Un nouvel élan semble donné avec la mise en place d'un consortium chargé de moderniser l'espace aérien européen. Une pierre dans le jardin des contrôleurs aériens?



Le projet du Ciel unique européen est l'une des principales initiatives de la Commission européenne dans le domaine des transports visant à améliorer la gestion de l'espace aérien européen. Son objectif: diminuer la consommation de carburant, réduire les frais inutiles et tirer le meilleur parti des capacités aéroportuaires de l'Europe. Las, le projet est en panne depuis de nombreuses années et se heurte à la fois aux résistance des Etats qui n'ont pas franchement envie d'abandonner leur contrôle aérien et aux contrôleurs eux mêmes, qui craignent pour leurs emplois et ont manifesté à de nombreuses reprises pour bloquer le processus.
Pour tenter de donner un coup de pied dans la fourmillière, la Commission européenne a signé vendredi un partenariat avec les industriels eux mêmes pour déployer une SESAR (Single European Sky ATM Research - Recherche pour la gestion du trafic aérien du ciel unique européen) Deployment Alliance de la planification et coordination d'une modernisation systématique de l'espace aérien. Cette SESAR Deployment Alliance est un partenariat intersectoriel sans précédent qui réunit quatre groupes de compagnies aériennes (Le groupe Air France-KLM, easyJet, IAG et le Groupe Lufthansa), les exploitants de 25 aéroports et 11 prestataires de services de contrôle du trafic aérien.
 
Jusqu’ici l'espace aérien européen présente une structure fragmentée que la Commission européenne considère «inefficace», avec des «coûts d'exploitation supérieurs à ceux d'autres régions semblables à travers le monde». Pour elle, «La modernisation est vitale pas seulement pour la compétitivité future de l'industrie européenne de l'aviation, mais aussi pour la santé globale de l'économie. L'aviation soutient 11,7 millions d'emplois en Europe, soit un employé sur 40, et contribue avec 452 milliards d'euros par an au PIB européen». Une épée de Damoclès plane au dessus de ces emplois si l’on en croit l’Europe, en raison de l’encombrement à venir de l’espace aérien européen : «Avec la hausse prévue du trafic aérien de 50 % d'ici à 2035 pour atteindre environ 14,4 millions de vols, les technologies de contrôle du trafic aérien et les infrastructures vieillissantes de l'Europe commenceront à compromettre sa position de principale plaque tournante du trafic aérien si des mesures ne sont pas prises en ce sens». Il reste à savoir si ce consortium, si attaché au principe du Ciel unique européen, parviendra à convaincre les politiques pour le déploiement des technologies qui concrétiseront cette idée.

 
Le SESAR Deployment Manager veillera à ce que de nouvelles technologies et solutions déjà testées et validées par l'entreprise commune SESAR soient adoptées dans les opérations quotidiennes en Europe, en offrant des avantages significatifs au profit des utilisateurs de l'espace aérien et de l'environnement. La SESAR Deployment Alliance, composée de la A6 Alliance des prestataires de services de navigation aérienne (ANSP), des compagnies aériennes membres de l'A4 et du SESAR-related Deployment Airport Operators Group (SDAG), aura pour mission la coordination et la synchronisation durant une période initiale de six ans des efforts visant à conserver l'avantage concurrentiel de l'Europe.