Accor n’aurait pas totalement renoncé à Air France

C'est sans doute un billard à trois bandes qui se joue autour d'Air France. Alors que Bruno Le Maire renvoie aux calendes grecques la vente des parts de l'Etat dans Air France en précisant qu'il "n'est pas question de liquider la participation de l'État», Benjamin Smith ne cache pas son souhait de voir la compagnie libérée de toutes les pressions gouvernementales.

Bruno Lemaire ne fait pas dans la dentelle pour renvoyer le DG du groupe dans ses cordes : "La vente des parts de l'état dans Air France ne fait pas partie de la feuille de route de Ben Smith... Ça ne fait pas partie des options qui sont aujourd'hui sur la table. Pour le moment, il n'en est pas question".

Certes, "pour le moment". Mais selon des sources au sein d'AccorHotels, Sébastien Bazin n'aurait pas abandonné l'idée de racheter les 14,3% d'Air France détenus par l'Etat… une fois la compagnie stabilisée, c’est-à-dire entre 9 et 12 mois. Il en aurait même informé Bruno Le Maire qui ne serait pas hostile à cette reprise par un groupe français très présent à l'international.

Même si rien ne vient étayer ce possible accord discret, force est de constater que tous les acteurs sont en place pour ce jeu de go complexe. Mais si Le Maire prend son temps, c'est aussi pour faire monter les enchères. Plusieurs groupes internationaux auraient déjà fait savoir leur intérêt pour la compagnie. Le Qatar aurait informé Bercy qu'il était "fortement intéressé pour réaliser cette opération".