Air France, entre low cost long courrier et hausse des salaires

Voilà un sujet social bien difficile que la direction d’Air France aura à régler ces prochaines semaines. Malgré une revalorisation annoncée des salaires en 2018, Air France, qui a revu sa première offre à la hausse aura bien du mal à faire accepter les 1% pour l’ensemble du personnel de la compagnie et les 1,4% proposés aux personnels au sol.

Le Comité Central d'Entreprise qui se tient ce mardi doit aborder les grandes orientations stratégiques du groupe, ce qui veut dire croissance, développement, mais aussi compagnies du groupe entre elles. Depuis plusieurs mois, les pilotes mettent la pression sur la répartition du développement entre KLM et Air France et accusent AF de favoriser la compagnie néerlandaise. Ils surveillent également de près la croissance des low cost, de Transavia à Joon, la petite nouvelle.

Selon certaines sources, Air France voudrait d'ailleurs doter Joon de plus d'ambitions, en envisageant de la développer sur du long-courrier. C'est déjà dans l'ADN de la compagnie puisqu'elle est appelée, parmi ses premières escales, à se rendre notamment au Brésil. Mais il se murmure qu'en l'état, en ayant accepté de ne pas différencier les contrats de pilotes pour Joon et Air France, la compagnie n'auraient pas les moyens de faire réellement le low cost long-courrier auquel elle aspire. Et dans le même temps, Norwegian le démontre tous les jours, la concurrence se renforce. Joon est-elle une si bonne idée dans ces conditions ? Ne faudrait-il pas inventer une autre low cost qui le soit vraiment, ou donner plus de souffle à Joon ?

Le rendez-vous et les projets se discuteront sur fond de polémique sur les salaires. A l'occasion de la négociation annuelle, les pilotes ont demandé une augmentation de 10,7 % de leur rémunération. Pour eux, il s’agit tout simplement de "récupérer les pertes liées depuis 2011 aux effets de l’inflation date à laquelle les rémunérations avaient été gelées". Le SNPL y tient et il n’hésite pas à menacer d’un éventuel mouvement social (une grève) s’il n’était pas "raisonnablement entendu" par la direction. Le syndicat Alter (minoritaire) emboîte le pas et demande que la direction d’Air France repense la hausse de salaire proposée aux pilotes pour éviter "tout conflit qui serait nuisible à l’activité de la compagnie". Belle circonvolution pour mettre la pression. Les vieux démons ressurgissent avec la nouvelle année.