Reprenons le fil. Comme nous l'évoquons depuis 10 jours, le dossier AF est sur les bureaux de Manuel Valls et François Hollande, charge au premier de mettre les mains dans le moteur. Reprenons les faits. Le jeudi 1er octobre, les représentants du Conseil d’administration du groupe Air France-KLM prennent note du fait que les négociations avec les pilotes se sont terminées la veille en France sans accord. Et votent, à l’unanimité, le fameux Plan B qui prévoit des suppressions de lignes. Le lendemain, le Conseil d’administration de la compagnie Air France n’a pu qu’être informé des décisions du groupe, avant le fameux CCE et la violente réaction que l’on sait. Dans tous les cas, les représentants de l’actionnaire Etat n’ont pipé mot.
Les photos qui ont fait le tour du monde ont semble-t-il joué le rôle d’électro choc pour le gouvernement. Il s’est immédiatement déclaré solidaire de la direction de la compagnie et condamné les violences. Mais dans le même temps, et tout en disant que l’Etat n’intervenait pas, il semble avoir regardé d’un peu plus près le fameux Plan B. Tombant en 2017 pour l’essentiel (la partie 2016 de restrictions d’appareils semble acquise sans trop de casse), les 2.900 suppressions d’emploi ne semblent pas cadrer tout à fait avec le tableau d’une présidentielle dans un fauteuil, n’est-ce pas. A l'occasion des questions au gouvernement, Manuel Valls a clairement estimé que "le plan social peut être évité". Et il dépêche son ancien DirCab pour le poste de DRH beaucoup plus tôt que le mois de janvier annoncé. Pour reprendre lui-même en mains les négociations ? Les influencer ou se montrer plus souple, peut-être ?



