Allemagne: les autoroutes sans limitation de vitesse pourraient disparaître

20 experts indépendants, réunis à l'initiative du ministre allemand des transports, au sein de la "Plate-forme nationale pour l'avenir de la mobilité" recommandent une limitation de la vitesse à 130 km/h sur les autoroutes d'Allemagne pour lutter contre le rejet de CO2.

Le Ministère allemand des Transports a mandaté une commission indépendante afin de recenser les actions possibles en faveur du climat et de la mobilité. Parmi les mesures préconisées, il y a donc la mise en place d’une limitation à 130 km/h dans le pays où encore la moitié des autoroutes sont "no limit".

Ce n’est pas la première tentative d’imposer une limitation sur les portions qui n’en n’ont pas. Régulièrement, des associations ou même le gouvernement mettent en avant la sur-mortalité et sur-accidentalité sur les portions sans limite (2/3 des accidents et environ 3/4 des morts sur autoroute). Et d’autres dénoncent le "tourisme" du sans limite qui attire chaque années des centaines de milliers de personnes ne venant que pour faire des pointes de vitesse avec leur voiture.

Mais ce serait donc l'écologie qui aurait finalement raison des autoroutes sans limitation. Cette mesure, parmi d'autres, vise à réduire les émissions de CO2 en Allemagne. L'idée est donc d'empêcher les véhicules puissants de rouler à des allures où les consommations sont affolantes, et donc les rejets de CO2 énormes.

Une telle idée va à n'en pas douter provoquer des remous. Même s'ils sont déjà représentés dans la commission, les constructeurs allemands devraient s'en mêler, eux qui sont les principaux fournisseurs de véhicules puissants. Ils investissent déjà des sommes colossales pour électrifier leur gamme, ils n'ont sûrement pas envie que les ventes de leurs véhicules les plus musclés et parmi les plus rentables chutent d'un coup.

Parmi les autres mesures, il y aurait d'ailleurs une taxe sur l'achat des modèles à grosse consommation. Et les experts de la commission préconisent aussi d'augmenter fortement la fiscalité sur les carburants avec une première hausse du prix de l'essence de 21 centimes dès 2021. Une hausse de 52 centimes par litre d'essence ou de gazole devrait ensuite être étalée jusqu'en 2030 si le gouvernement suit les recommandations de cette commission. L'ensemble des mesures proposées par les experts permettrait selon eux de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 en induisant une "diminution du kilométrage" des voitures et un transfert vers le rail, le vélo et le trafic piétonnier.