A quoi vont servir les millions de dollars de trésorerie obtenue par Amex GBT lors de la signature de la Joint-Venture ? "A acheter des comptes via des signing bonus éhontés" estiment, un peu jaloux les concurrents. Dans la réalité, cette vision n'est pas tout à fait fausse. "On ne saurait s'installer de façon pérenne avec un grand compte sans s'engager sur la capacité à optimiser les coûts via des technologies réellement compétitives", souligne le patron des achats de l'une des toutes premières entreprises françaises du luxe. Sur le fond, rien à redire mais en cette période de best buy, toute économie est bonne à prendre, y compris celles proposées par les TMC pour offrir des fees les plus bas possibles.
Mais ne nous y trompons pas, Amex GBT n'a pas inventé le signing bonus. Tout au plus elle le pousse à l'extrême, en rendant la signature du compte attractive pour le budget "déplacements professionnels" de l'entreprise cliente. Selon une étude européenne, la pratique serait proposée de plus en plus souvent depuis 2006 et ce, par tous les types d'entreprises dont l'action est basée sur l'intermédiation. Principaux acteurs du coup de pouce à la signature, ceux dont les métiers autorisent la numérisation à outrance des services. Le voyage d'affaires est de ceux-là.
Pour autant, l'acquisition de grands comptes, comme Danone par exemple, ne saurait se faire sans une réelle refonte technologique du back office. Un point sur lequel Amex GBT a toujours été critiqué par ses clients. Seule certitude, il n'est pas facile d’innover dans un monde ou le temps technologique va vite ! Entre rachat de start-up innovantes et développements de produits « propriétaires », la composante essentielle de la réussite reste toujours la même : le délai de concrétisation entre l’idée et le produit. Et à ce niveau, les concurrents d’Amex GBT sont des rapides. Que ce soit du côté de CWT ou d’Egencia, les annonces, sans être révolutionnaires étaient nombreuses en cette rentrée 2015. Idem pour Concur qui, lors de la journée Fusion Exchange, a démontré que l’open-booking est loin d’être un échec comme l’affirment certains consultants européens. Même les petites structures sont de plus en plus agiles. 3mundi et Sam, iAlbatros et l'intégration de l'intelligence artificielle ou Amadeus et son outil de "end to end" aux graphismes poussés et à l'accès intuitif.



