Baromètre européen du voyage d’affaires: tendance au beau fixe

American Express Global Business Travel vient de dévoiler son baromètre annuel qui présente les résultats de l’édition 2019, obtenus auprès d’un périmètre de près de 1 000 entreprises de toutes tailles, issues de 10 pays européens.

Les chiffres sont plutôt encourageants puisque le marché a affiché en 2018 une croissance de 3,8% (hausse de 0,4% vs 2017). La France reste en retrait par rapport à nos voisins européens avec toutefois une croissance de 3,4% (contre 6,5% au Royaume-Uni).

Ce sont les entreprises de taille intermédiaire qui tirent le marché avec une augmentation globale de +5,5%. Les grandes entreprises affichent, quant à elles, une hausse de 3,9%. Les petites entreprises sont quasiment stables à +2%.

2019 se présente bien puisque l’étude montre une croissance potentielle de 4,3% (2,8% pour la France toujours à la traîne) avec une augmentation de 3,6% du nombre de voyageurs. Les dépenses globales augmentent mais les voyages sont de plus en plus optimisés (on cherche à faire plus de travail durant un déplacement).

Pour les entreprises interrogées, 99% des dépenses sont nécessaires et sont une contribution au développement de l’entreprise (70% des dépenses sont dédiées au développement de l’actif client). Le voyage est donc l’élément clé permettant le développement des entreprises (de fait, leur performance est corrélative à l’évolution de leur dépense de mobilité). La dépense et son évolution sont donc un véritable indicateur macroéconomique.

Un point également très intéressant concerne le taux de contrôle des dépenses qui est en dégradation de -4% à 71%. La raison est simple : les outils sont de plus en plus précis et les prestataires de plus en plus organisés et globaux. On peut donc mesurer ce qui ne l’était historiquement pas. La mise sous contrôle d’un marché donne toujours une dégradation du taux de couverture qui est rapidement comblée après l’implémentation des premières actions de contrôle. Les frais de bouche et les déplacements terrestres sont, par exemple, maintenant possibles à contrôler.

Sur le plan de la politique voyages la tendance est aux politiques directives proposant un choix limité aux voyageurs (43% des entreprises) et les politiques souples sans obligations (20%, +11 pts en 2 ans). La part des entreprises ayant une conformité supérieure à 70% est en baisse constante depuis 3 ans, atteignant 45% en 2018. L’émergence de plateformes en ligne, engendrant de l’open booking et la multiplicité des fournisseurs, expliquent notamment cette baisse significative.

En résumé, la tendance est bonne, les lignes bougent mais les besoins d’un outil basé sur le concept de One Stop Shop (achat sur une plateforme unique) est un besoin clairement exprimé par les voyageurs et qui façonnera donc les offres et les outils d’un futur immédiat

Le baromètre est téléchargeable ici.


Yann Le Goff