Boeing reconnaît avoir falsifié les documents d’un B787 vendu à Air Canada

Encore une mauvaise nouvelle pour Boeing, qui admet avoir falsifié des documents relatifs à un 787 vendu à Air Canada. Le Dreamliner a été vendu en 2014 et a développé un défaut seulement 10 mois après sa mise en service. Boeing vient finalement d'avouer que les documents prétendant que les travaux de fabrication avaient été achevés étaient des faux.

Le Dreamliner exploité par Air Canada avait dû faire un atterrissage d'urgence en raison d'une fuite de carburant en 2015. Toutefois, il est maintenant apparu que des documents concernant les travaux de fabrication de Boeing avaient été falsifiés avant la livraison de l'avion. Des révélations qui interviennent alors que Boeing fait l'objet d'une surveillance accrue après les accidents impliquant des 737 MAX, une enquête qui a été étendue cette semaine à l'usine de fabrication de Dreamliner en Caroline du Sud.


Selon CBC News, Boeing avait publié de la documentation concernant le 787 d'Air Canada qui indiquait que les travaux de fabrication étaient terminés. Le problème est que ce n'était pas le cas. Par la suite, le Dreamliner a développé une fuite de carburant seulement 10 mois après sa mise en service. L'avion effectuait un vol entre Vancouver et Narita le 10 février 2015, date à laquelle il a dû effectuer un atterrissage d'urgence à Anchorage (Alaska) après cinq heures et demie de vol.

La conclusion d’un incident isolé


Boeing précise avoir, de son propre chef, averti la FAA (Federal Aviation Administration) une fois qu'Air Canada l'avait avisé du problème. L'avionneur a ensuite entrepris une vérification pour savoir comment cela s'était produit et a conclu qu'il s'agissait d'un incident isolé. Le Dreamliner d'Air Canada était-il en danger ? Les compagnies aériennes se fient à ce type de documents pour assurer la sécurité de l'exploitation de leurs appareils. Ainsi, le fait de les falsifier met en danger la sécurité de l'avion et de tous les passagers qui l'empruntent. 


Si l'on considère que les températures dans les moteurs des avions peuvent atteindre plusieurs centaines de degrés, il est logique de supposer qu'il ne faudrait pas grand-chose pour embraser le kérosène hautement inflammable. Par conséquent, toute fuite, quelle qu'elle soit, est très dangereuse et pose un grave problème pour la compagnie aérienne qui exploite le vol. Bien qu'aucun incident ne soit survenu à la suite de cette fausse déclaration, il soulève de sérieuses questions à propos de la culture d'entreprise de Boeing en général. L'entreprise, qui tient à rassurer le marché, précise qu'elle a mis en place une formation officielle en matière de responsabilité dans le processus de fabrication, dans le but d'inculquer à chaque membre du personnel l'importance de la conformité.