Chez Air France, les syndicats ne veulent pas attendre… Les clients non plus !

Bien décidés à faire valoir leurs revendications, les syndicats d’Air France vont à nouveau se réunir pour trouver une réponse concrète aux annonces faites ces dernières heures et qui renverraient les négociations à la fin de l’été voir à la rentrée 2018. Pour eux, un seul levier possible : de nouvelles dates de grève. Mais si les syndicats veulent aller vite… Les clients aussi.

C’est un témoignage éloquent que celui reçu ce matin à la rédaction de DéplacementsPros. Jugez plutôt : "Je suis patron d'une petite agence de voyage qui fait 50% de son chiffre avec des entreprises locales, PME/PMI principalement. Depuis le début mai, les consignes de mes clients sont formelles : TSAF (tout sauf Air France). Comme ils partent de province, Bordeaux principalement, ils préfèrent une escale en Allemagne pour les vols à l'international. Ils n'aimaient pas CDG mais là, la situation les conforte. Avant je cherchais à les dissuader (en évoquant les miles AF) mais aujourd'hui le programme de fidélité de Lufthansa séduit tout autant ! Ce mois-ci j'ai fait pour la première fois plus de compagnies étrangères que d'AF. C'est un vrai signe. Bref, un beau gâchis pour le pavillon français".
Son signataire, Yvan est un petit patron d’agence en périphérie bordelaise qui nous précise au téléphone que la situation chez lui "bascule lentement mais sûrement" vers de nouvelles habitudes de consommation. "Pour le long courrier, au départ de l’Aquitaine, nous avons dans tous les cas une escale à prévoir que ce soit à Paris, Londres ou Francfort. Avant, personne ne remettait en cause Paris mais depuis deux ans, les choses bougent. Pour ma clientèle business les salons anglais ou allemands valent ceux d’Air France à Paris. C’est une vraie lame de fond que je constate et je me rends compte qu’elle s’installe durablement".

Des commentaires qui complètent ceux relevés lors de la démission de Jean-Marc Janaillac. Désormais, il n'y a plus de regard affectif sur Air France mais plus que jamais un vrai besoin d’efficacité. La hausse annoncée des prix du pétrole et la concurrence féroce du transport aérien européen devraient amplifier ces changements d’habitudes. Qui en sortira gagnant ? Là est toute la question.