C’est un témoignage éloquent que celui reçu ce matin à la rédaction de DéplacementsPros. Jugez plutôt : "Je suis patron d'une petite agence de voyage qui fait 50% de son chiffre avec des entreprises locales, PME/PMI principalement. Depuis le début mai, les consignes de mes clients sont formelles : TSAF (tout sauf Air France). Comme ils partent de province, Bordeaux principalement, ils préfèrent une escale en Allemagne pour les vols à l'international. Ils n'aimaient pas CDG mais là, la situation les conforte. Avant je cherchais à les dissuader (en évoquant les miles AF) mais aujourd'hui le programme de fidélité de Lufthansa séduit tout autant ! Ce mois-ci j'ai fait pour la première fois plus de compagnies étrangères que d'AF. C'est un vrai signe. Bref, un beau gâchis pour le pavillon français".
Son signataire, Yvan est un petit patron d’agence en périphérie bordelaise qui nous précise au téléphone que la situation chez lui "bascule lentement mais sûrement" vers de nouvelles habitudes de consommation. "Pour le long courrier, au départ de l’Aquitaine, nous avons dans tous les cas une escale à prévoir que ce soit à Paris, Londres ou Francfort. Avant, personne ne remettait en cause Paris mais depuis deux ans, les choses bougent. Pour ma clientèle business les salons anglais ou allemands valent ceux d’Air France à Paris. C’est une vraie lame de fond que je constate et je me rends compte qu’elle s’installe durablement".



