EVP 2015, Bill Glenn dessine l’avenir, Guillaume Col l’anticipe

Pas de révolution, ni d’annonces majeures dans les propos de Bill Glenn ce jeudi 15 janvier pour l’ouverture de l’EVP 2015. Pour le CEO d’Amex GBT tout est à construire dans la continuité d’un savoir-faire porté par une marque forte. Face à une salle peu garnie, moins de 300 personnes, il s’est livré dans une keynote animée et dynamique à une présentation de ce que pourrait devenir AMEX GBT.

Mais si Bill Glenn a dressé les contours de l’enveloppe, il n’ pas donné de pistes concrètes pour l’avenir. Utilisant des termes déjà employés à la GBTA en Août dernier aux USA, le CEO reste encore flou sur ce que préparent ses équipes que ce soit pour les marchés globaux ou locaux. « Sortir de l’univers de la carte est un atout car il permet des développements sur le marché du voyage » évoque le CEO qui détaille les atouts de la joint-venture et rappel qu’American Express est actionnaire à 50% de la nouvelle entité… Ce qui permet des partenariats actifs entre les deux sociétés au niveau de la connaissance client et du big date. Mais pour Bill Glenn, le développement va au-delà des seuls outils. C’est autant un état d’esprit (écoute, audit, analyse des besoins…) que des process qu’il faut proposer aux clients. En évoquant les comptes globaux, il affirme qu’Amex est aujourd’hui une force incontournable sur l’ensemble des grands territoires économiques soulignant le poids des pays émergents où la TMC s’est développée. Interrogés sur les attentes en matière de commercialisation il ne souhaite pas entrer dans la bataille des transactions fees. « Le coût n’est pas le seul élément de mesure, c’est le service que nous offrons qui est le critère d’analyse ». Il n’en dira pas plus pour le moment.

De fait, Amex GBT n’a pas pour l’instant toutes les réponses technologiques à fournir. Bill Glenn l'affirme "Nous n'allons pas développer nous même les outils dont nos clients ont besoin. Nous les achèterons, les complèteront et les intégreront. Il nous faut privilégier les partenariats avec les fournisseurs technologiques et travailler sur les trois grands univers du voyage d'affaires,  le voyageur, l'acheteur et les DSI »,  L'homme de la situation c'est Philippe Chérèque, (Chief Technology Officer) qui reconnait que c’est l’ensemble du « corps d’Amex » qui doit être technologiquement repensé. Il se donne deux ans pour travailler à des sujets aussi importants que le big data, la mobilité, le back ou le front office qui sera proposé aux clients. Un chantier important qu’il souhaite construire autour d’une nouvelle équipe d’ingénieurs issus, pour certains, de Stanford en Californie. La Mecque des spécialistes de la data. « Dans tous les cas, la France et l’Allemagne sont deux des priorités du groupe » explique-t-il en ajoutant « Je présenterais très rapidement mon plan de développement et d’investissement. Le board décidera ou non de l’adopter ». Difficile de croire qu’il le refusera ! Pour l’heure, les serveurs de l’entreprise, installés au sein des outils de gestion de la carte vont quitter Phoenix (Arizona) pour intégrer des locaux propres à Amex GBT. Un premier pas vers l’indépendance digitale évoquée par Bill Glenn.

Ce qui aura marqué les visiteurs de l ‘EVP, plus que baromètre, c’est la détermination inébranlable de Guillaume Col à défendre bec et ongle l’Amex GBT de demain. Une force pour la TMC souvent jugée un peu « tiède » dans les appels d’offre. « Nous sommes engagés dans la reconstruction de l’entreprise » explique-t-il aux journalistes présents à la manifestation. Pour le patron français, qui recevait Bill Glenn sur scène, il n’y a aucun doute, la TMC va très vite devenir numéro 1 du voyage d’affaires en France. Méthode Coué ou intuition, seul le temps répondra à cette question. Mais pour lui, les clients qu’il rencontre sont sensibles à ces changements annoncés. Un son de cloche tempéré par quelques professionnels rencontrés après cette première présentation de la journée et qui attendent des faits plus que des mots. « Nous ne sommes pas client d’Amex » explique une acheteuse à l’issu de la présentation « mais c’est une nécessité que de venir écouter les responsables d’une entreprise qui compte dans le voyageur d’affaires ». A la question « êtes-vous convaincue », elle répond par un sourire.  A chacun de l’interpréter !

Plus distant le patron des achats d’une entreprise industrielle qui attend de voir concrètement la mutation annoncée. « Amex GBT a des failles dans le service, la formation du personnel et les temps de réponses. Il faut aussi repenser les coûts et les justifier par une très sensible amélioration de l’offre. Tout cela pourrait-être rapidement amélioré et lui donnerait de sérieux avantages face à ses concurrents ».

L’EVP du renouveau ? Sans doute même si le Palais Brongniart ne convainc pas tous les exposants. Un EVP placé sous le signe de la séduction et d’une efficacité retrouvée. Seuls les résultats parleront. Guillaume Col est lucide « les cycles sont longs dans nos métiers du voyage d’affaires, rendez-vous en 2016-2017 ». Nous serons là.