
EasyJet est poursuivie pour «discrimination en raison d’un handicap». Les plaignants, Miloudi Hafa, Laurent Giammartini et Karine Viera, n’ont pas obtenu l’autorisation de prendre leur avion à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle bien qu’ils avaient coché chacun la case «Fauteil-Roulant» lors de leur achat de billet sur le site web du transporteur. La compagnie, qui encourt une amende de 70 000 euros, assure que la sécurité a été l’unique motif de la décision. «Il faut que les passagers handicapés puissent mettre eux-mêmes le masque à oxygène, le gilet de sauvetage, mettre et enlever la ceinture de sécurité, comprendre les instructions en cas d'urgence et évacuer par leurs propres moyens», a expliqué un responsable d'EasyJet, interrogé par le tribunal. Mais les trois voyageurs réfutent cet argument puisqu’ils ont pris l’avion seul plusieurs fois sans aucun souci. L’Association des Paralysés de France qui s’est portée partie civile à leur coté, pointe plutôt du doigt le modèle économique choisi par le transporteur. «L'argument de la sécurité est le cache-sexe d'un modèle économique qui est celui du low-cost, avec des réductions de coûts, le but étant qu'il y ait le moins de personnel possible», a confié leur avocat Me Patrick de la Grange. C'était la première comparution du transporteur devant une cour correctionnelle pour ce type de délit . Le jugement a été mis en délibéré. La compagnie est à nouveau convoquée à Paris en mars 2012 pour des faits similaires dans une autre affaire.


