Etats-Unis: la reconnaissance faciale dans tous les aéroports

Si le système de reconnaissance faciale est déjà déployé dans 15 aéroports américains, les autorités veulent aller plus loin et équiper 97% des aéroports du pays d'ici 4 ans. Ce qui ne va pas sans poser de nombreuses questions.

les passagers sont photographiés aux portes d’embarquement. L’image prise est comparée aux photos utilisées lors de la demande de passeport, de visa, ou des contrôles aux frontières. De cette manière, les autorités veulent pouvoir assurer la "sortie biométrique" et savoir qui rentre et qui sort du pays tout en contrôlant l’expiration des visas.

Le système a déjà permis d’identifier plus de 7 000 personnes qui avaient dépassé leurs temps de visa. Ce qui en somme, ne représente rien face aux 60 000 personnes qui le dépassent chaque année, en sachant que cette infraction peut être passible d’une peine maximale de 10 ans, en plus d’une interdiction d’entrer sur le territoire américain.

Efficace donc, dans certains cas mais tout aussi inquiétant quand on connait les limites de ce système au vu du nombre de piratages qu’il y a eu en l’espace de quelques années sur des institutions américaines importantes telles que le NRCC, la NASA, ou même la NSA, on a de quoi s’inquiéter pour la sécurité des données collectées.

Cette généralisation de la reconnaissance faciale dans les aéroports inquiète certains experts et associations de protection de la vie privée, qui considèrent que cette future base de données gigantesque constitue une menace pour les libertés civiles.

Par ailleurs, les technologies de reconnaissance faciale souffrent encore de nombreux problèmes. Comme l’indique une étude du Massachussetts Institute of Technology (MIT) publiée en janvier, "Amazon Rekognition", le logiciel de reconnaissance faciale d’Amazon, rencontre ainsi des difficultés pour reconnaître le sexe des femmes et des personnes à la peau noire. Dans 19% des cas, il a pris des femmes pour des hommes et ce pourcentage passe à 31% pour celles à la peau noire. La police londonienne a aussi constaté un taux d’erreur très élevé lors d’un test d’utilisation de la reconnaissance faciale pour repérer les personnes suspectes dans les rues.