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Mardi 21 Novembre 2017

Fermetures des voies sur berges à Paris : un rapport accablant


Le bilan de suivi et d'évaluation de l'impact de la piétonisation des voies sur berges vient d'être rendu public ce lundi 20 novembre. Ce rapport confirme une aggravation des embouteillages dans la capitale et autour de Paris. De quoi confirmer le sentiment général des voyageurs d'affaires : le temps de parcours est en hausse de 47% sur l'A86 dans le sud de Paris, de 21% à l'est de Paris sur la même rocade.



le temps de parcours est en hausse de 47% sur l'A86 dans le sud de Paris, de 21% à l'est de Paris sur la même rocade DR
le temps de parcours est en hausse de 47% sur l'A86 dans le sud de Paris, de 21% à l'est de Paris sur la même rocade DR
Approuvé par délibération du Conseil régional en septembre 2016, ce Comité régional est présidé par le Professeur Pierre Carli, médecin chef du Samu de Paris et président du Conseil national de l'urgence hospitalière, il regroupe les représentants d’Airparif, de Bruitparif, de l’IAU île-de-France, d’IDF Mobilités (ex STIF), de FNE Île-de-France et de l’ORS, le secrétariat étant assuré par l’IAU. Ses conclusions sont publiques, en voici la synthèse :

"Le Comité a noté le succès de la piétonisation des quais bas en termes de fréquentation par les promeneurs, notamment par beau temps hors jours œuvrés. Il note la diminution de la pollution atmosphérique sur l’ancienne voie Georges Pompidou fermée à la circulation. Il se doit néanmoins de présenter les impacts sur le trafic, le bruit et la qualité de l’air, les transports collectifs et les secours. Ces impacts peuvent être résumés en 10 observations définitives.
1 – Les reports de circulation depuis la voie fermée au trafic sont allés au-delà de l’hypercentre parisien, jusqu’au boulevard périphérique et ses abords au sud-ouest. On a pu également observer des évolutions significatives du trafic dans le sens ouest-est sur l’A86 sud. Certains déplacements de banlieue à banlieue ont connu une hausse significative des temps de trajet, comme par exemple sur l’itinéraire Boulogne – Charenton (environ + 40 %).
Le périmètre impacté par les reports successifs du centre vers la périphérie confirme l’objection soulevée en son temps du commissaire enquêteur sur l’aire géographique d’impact du projet qu’il aurait fallu prendre en considération.

2 – Aucun phénomène d’évaporation du trafic (renonciation à des déplacements automobile) n’a pu être observé ou établi plus d’un an après la fermeture de la voie. Le niveau de circulation dans Paris n’a pratiquement pas varié par rapport à son évolution tendancielle connue, on a même pu observer en début de période un ralentissement du rythme annuel de diminution du trafic parisien tel qu’observé depuis 15 ans.

3 – Les quais hauts ont été particulièrement impactés par les reports de trafic avec une hausse moyenne de 67 % du trafic le matin et 30 % le soir, soit le niveau de saturation absolu. Les carrefours se sont fortement congestionnés aggravant les conditions de circulation sur les axes séquents. Les temps de parcours sur les quais hauts le soir ont augmenté de 65 % et cette croissance est demeurée invariée sur toute la période d’observation.

4 – Le niveau du bruit au niveau des façades sur les quais hauts a fortement augmenté, allant jusqu’à un doublement de l’énergie sonore la nuit (+2 à +4 dB). Cette détérioration n’avait pas été anticipée par l’étude d’impact, ni relevée par le Commissaire Enquêteur. Elle oblige juridiquement le maître d’ouvrage à prendre des mesures.

5 – Le niveau de la pollution atmosphérique a été particulièrement élevé durant toute la période d’observation (septembre 2016 à juin 2017), avec 20 épisodes au lieu de 6 l’année précédente, mais cette forte détérioration est principalement imputable aux conditions météorologiques
qui ont été moins favorables à la dispersion des polluants.

6 – Si l’on exclut le facteur météorologique (modélisation réalisée par AIRPARIF), on constate que la pollution s’est, pour l’essentiel, simplement déplacée. Le niveau de concentration de dioxyde d’azote a diminué sur les quais hauts et bas (sauf carrefours) jusqu’à - 25 % tout en y restant très élevé. Le niveau de concentration de dioxyde d’azote a en revanche augmenté à la sortie de la section concernée par le projet (quartier Henri IV notamment : + 5 % à + 10 %) et le long des axes de report (+ 1 % à + 5 %).

7 – L’absence d’impact positif sur la qualité de l’air est directement lié à l’augmentation du niveau de congestion du trafic
, avec des temps de parcours détériorés sur de nombreux axes en heures de pointe, quais hauts, boulevard Saint-Germain, grands boulevards, boulevard des invalides, rue de la Convention, Périphérique, RD50 Boulogne, A86 sud, etc.
Ces congestions entraînent le plus souvent des baisses du débit de ces voies en heure de pointe ce qui, à son tour, entraîne des reports de trafic vers
d’autres itinéraires ou d’autres horaires (étalement des heures de pointe).

8 – Localement, les riverains des axes de report du trafic ont été impactés négativement en termes de bruit et d’émissions
, mais la modélisation de la pollution atmosphérique par AIRPARIF à l’échelle de Paris et de la petite couronne montre que ces
effets locaux n’ont aucun impact significatif sur l’exposition de la population prise dans son ensemble (2,2 millions d’habitants à Paris et 7 millions dans Paris et Petite couronne).

9 – Les temps de parcours des bus (environ 25 lignes concernées) ont été impactés de manière significative dans leur traversée du secteur
, en raison notamment de la congestion des carrefours, mais cela n’a pas affecté leur fréquentation qui a légèrement augmenté (+ 0,5 % de validations sur les stations du secteur). L’allongement des temps de parcours a été le plus fort pour les lignes qui empruntent les quais hauts. La période la plus impactée se situe entre 17 h et 18 h dans le sens ouest vers est avec un allongement moyen de 3 minutes 30 secondes.

10 – Le temps de parcours des quais par les services mobiles d’urgence a augmenté d’une minute en moyenne, mais ces services estiment que cela n’a aucun impact sur le risque sanitaire pour les personnes secourues. Les temps de parcours ont augmenté dans les mêmes proportions pour les autres services de secours (Réf. Auditions du Comité préfectoral), Pompiers et Police. La BSPP a estimé que cela n’avait pas d’impact significatif
sur ses interventions.
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