Internet à bord: des revenus colossaux pour les compagnies aériennes

La technologie satellitaire permet aujourd'hui aux compagnies aériennes de rendre Internet disponible sur les vols. Un marché qui va prendre de l'ampleur au cours des prochaines années et qui représente des milliards d'euros de bénéfices pour les compagnies.

Jusqu'à présent, les voyageurs d'affaires pouvaient profiter d'un peu de répit à bord d'un avion.

Mais de plus en plus, même ce petit îlot de tranquillité disparaît car la technologie satellitaire permet aux compagnies aériennes de rendre Internet disponible sur les vols.

La London School of Economics prévoit que d'ici 2035, Internet à bord pourrait créer un marché d'une valeur de 130 milliards de dollars US à l'échelle mondiale, dont 30 milliards de dollars seraient empochés par les compagnies aériennes.

Bien qu'il ne soit pas impossible de fournir l'Internet à bord des avions et qu'il soit même courant aux États-Unis et en Europe, d'autres régions du monde sont à la traîne.

"Les coûts de mise en place et d'exploitation d'une connexion Internet à bord sont très élevés", explique un porte-parole de la compagnie aérienne allemande Condor. "Comme nos clients sont plus des vacanciers que des hommes d'affaires, ils sont moins susceptibles de payer pour un tel service", ajoute-t-il.

Mais les nouvelles technologies pourraient persuader les compagnies aériennes de changer d'avis.

Deutsche Telekom et la société de satellites Inmarsat testent par exemple la technologie EAN, qui permet de transmettre des données non pas par satellite mais par des signaux LTE à partir d'antennes au sol, alors même que l'avion vole à des vitesses pouvant atteindre 1 200 kilomètres à l'heure.

"Environ 300 antennes de ce type ont été installées en Europe", explique David Fox, responsable des services aériens chez Deutsche Telekom, qui affirme que "cette technologie est plus rapide et moins chère que par satellite."

Leur premier client est le groupe d'aviation britannique IAG, qui possède British Airways et Iberia, entre autres compagnies aériennes. La technologie est encore en phase d'essai, mais M. Fox indique que des pourparlers sont déjà en cours avec d'autres compagnies aériennes. La compagnie allemande Lufthansa, qui a été à l'avant-garde de l'Internet à bord, pourrait également être intéressée.

Ryanair garde également un œil sur la technologie. "Nous continuerons à observer son évolution ", explique la compagnie aérienne, ajoutant cependant : " Certaines personnes sont très heureuses de ne pas pouvoir être contactées pendant leur vol."

Quitte à rater des messages importants. La tranquillité aussi a un prix.