L’été, un moment propice pour repenser son organisation personnelle

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En vacances ou au bureau mais loin de l’agitation habituelle, l’été est un moment privilégié pour revoir ses habitudes de travail, son organisation voire ses objectifs. Une période à mettre à profit pour solder de vieux dossiers, prendre du recul et repartir du bon pied. Un vrai défi personnel.

Beaucoup de voyageurs d’affaires apprécient le moment du déplacement lui-même pour l’espace-temps qu’il leur procure : en train ou en avion surtout, loin des coups de fil, bruits du bureau et autres mails, c’est un moment pour réfléchir. Préparer le sujet du déplacement souvent mais aussi et au-delà, prendre du temps pour soi. Faire une pause, un pas de côté, c’est aussi ce que propose l’été. Sur la plage ou en randonnée, laisser de l’espace à une réflexion que l’on n’a pas le temps de mener dans le stress de l’année. Sur son organisation, ses objectifs voire ses rêves. "Remettre l’église au centre du village"", comme le suggéraient nos grands-mères.

Votre vie professionnelle vous va bien, mais…

- Lister ce qui agace, au quotidien comme à long terme, c’est une façon d’agiter utilement ses neurones pour mettre enfin le doigt sur ce qui pourrait être amélioré. Du rythme épuisant des réunions -si vous y pouvez quelque chose – aux rumeurs de la machine à café, mais aussi les tiroirs qui coincent ou le « tout à la dernière minute », c’est le moment ou jamais de faire une liste en deux pages. L’entreprise sur l’une, moi-même sur l’autre, avec une colonne pour constater et l’autre pour agir. Si vous ne trouvez vraiment rien à mettre dans la rubrique « action », vous manquez peut-être d’imagination ou vous n’avez pas les clés pour le faire. Ne pas renoncer, surtout !

- Agiter ses neurones : comment fluidifier les déplacements professionnels, les relations avec les autres, gérer le stress, … Il y a nécessairement des progrès à faire dans les process non ?

Il y a besoin d’huile dans les engrenages

- Ranger ! Faire place nette sur le bureau, dans l’ordinateur et dans les armoires, c’est se débarrasser physiquement de tout ce qui encombre l’esprit.

- Prendre le temps de regarder avec objectivité et lucidité ce qui coince : manque de temps, de patience, de moyens ? Garder la lucidité nécessaire pour s'avouer les vraies raisons des grains de sable.

- Faute de temps dans l’année, vous êtes un peu à court d’idées ? Relire la documentation mise de côté pendant l’année. La pile peut vous impressionner, mais ne pas se laisser abattre : bien souvent le seul titre vous indiquera que vous avez déjà résolu le problème. Sinon, c’est sûr, vous allez bien grappiller quelques pistes !

- Positivez : si vous êtes capable de prendre du recul, c’est que vous avez les ressources pour reprendre votre organisation ou vos choix en mains.

Réfléchir sa stratégie

è Prendre de la distance avec une situation donnée pour mieux atteindre l’objectif fixé en revoyant la routine qui s’est installée, c’est accepter de se confronter à ses propres défauts. Accepter de les constater, c’est déjà en prendre conscience et ne pas rejeter systématiquement la faute du débordement sur l’entreprise. Une « to do list » permet de ne rien oublier mais de se débarrasser la tête. Et de numéroter du plus urgent au plus accessoire les choses à faire.

- Redéfinir ses priorités, c’est affirmer ce que l’on est ou ce que l’on veut. Sans excès mais fermement. A sa hiérarchie, à ses collaborateurs. Et prendre avec soi-même l’engagement de faire les démarches pour avancer : provoquer le rendez-vous avec la DRH, programmer une réunion de rentrée (avec liste des points à aborder).

- La formule Faire un pas de côté est très utilisée en psychanalyse pour suggérer le retour sur soi. Il s’agit d’utiliser ce moment pour se recentrer sur ses objectifs personnels : simplifier le quotidien, donner la priorité à sa famille, au contraire redéfinir le poste visé et chercher les bons moyens pour l’atteindre.

- Prendre conseil, si vous ne trouvez pas les clés pour débloquer une situation donnée. Un travel manager cherchera un homologue pour faire un « benchmark » de ses pratiques sur un point donné, mais il peut s’agir aussi de pousser la porte d’un collègue. Ce n’est pas honteux d’aller demander un avis, tout est dans la manière de présenter les choses.

- Prendre conseil, c’est parfois accepter le regard extérieur. Si vous constatez que vous piquez des colères à la moindre contrariété, il est peut-être temps de consulter un médecin ou un psychologue pour analyser la situation et vous aider. Si vous avez atteint le plafond de verre de votre entreprise, c’est peut-être un coach qu’il vous faut.
Vous avez une vision claire de ce qui va et de ce qui ne va pas ? Passez à l’action ! Le pire serait de rester dans le non-dit, le non-fait alors que vous aviez bien réfléchi à la situation. Il vaut mieux des remords que des regrets, n’est-ce pas ? En anglais, il y a une vraie différence entre « one step aside », ce n’est pas « a step beside ». En français aussi !

La réalité vous saute aux yeux, le retour sur soi va parfois jusqu’au choc, à l’envie de rupture et de tout planter là. Rien d’étonnant à ce que le mois de septembre soit avec janvier celui des démissions. On ne subit plus, on agit. Quitte à aller trop loin !

Hélène Retout