
"La crise à Air France passionne les médias, on a l'habitude, devient un sujet de polémiques politiciennes, on est tout près d'échéances électorales, fait l'objet de commentaires sur les réseaux sociaux...
Les journalistes ne sont pas tous, loin s'en faut, des spécialistes du transport aérien, normal ce n'est pas leur job. Alors l'à peu près, les contre-sens, les approximations, les informations erronées, peu importe on a là du sensationnel...
Les politiques ne comprennent pas non plus grand chose au transport aérien, à une ou deux exceptions près, mais là aussi, l'occasion fait le laron et chacun y va de son avis, de son commentaire, de ses outrances...
L'entreprise Air France est en crise, c'est un fait.
Ses fondamentaux économiques sont dégradées, rares sont ceux qui en doutent (à part le NPA et SUD). Mais aucun licenciement sec n' est encore prononcé et ne l'a été depuis plus de 20 ans
Son dialogue social, souvent cité en exemple est devenu erratique, suite au conflit des pilotes de septembre 2014. Il est urgent de le rétablir pour sortir de l'impasse.
La Direction de l'Entreprise fébrile, perd pied, tourne en rond, habituée qu'elle était à co-gérer depuis des décennies cette compagnie avec le principal syndicat de pilotes. La responsabilité de ces deux acteurs est indéniable.
Les salariés sont très attachés à cette belle Compagnie et légitimement inquiets voire angoissés. Les évènements des derniers jours n'arrangent rien. Mais ils n'acceptent pas que l'on instrumentalise leur quotidien, leur travail, pour servir des objectifs qui ont peu à voir avec leur réalité. Ils n'acceptent pas la caricature, Air France ce n'est surement pas Germinal, ce n'est pas non plus un repaire de nantis et de privilégiés.
Ils n'acceptent pas enfin, dans leur immense majorité, l'image détestable qui a été donné d'eux lundi par quelques dizaines d'individus, désespérés peut-être, manipulés sans doute, violents évidemment .
Et quoiqu'on en dise, tous ceux qui étaient présents savent qu'on n'a pas seulement arraché la chemise d'un DRH, non, ce serait nier les coups, les menaces et les injures.
Et ce qui s'apparente à un lynchage, par une foule transformée en meute, aucun homme n'a à le subir.
Et aucun homme ou femme, à plus forte raison de gauche, ne peut en rire ou tenter de l'excuser."