La France au sixième rang mondial pour les voyages d’affaires

Le marché des voyages d’affaires en France a progressé de 4,2% en 2017 pour s’établir à près de 37 milliards d’euros. Un chiffre qui classe l’Hexagone au sixième rang mondial et à la troisième place en Europe, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Grâce à un environnement macro-économique favorable, au rôle indispensable des déplacements professionnels pour le développement des entreprises et à une légère progression des prix des services touristiques, cette tendance à la hausse devrait se confirmer. Le marché gagnera ainsi 3,5% par an en moyenne entre 2018 et 2020 pour atteindre près de 40 milliards d’euros, d'après les experts de Xerfi, l'entreprise spécialisée dans les études économiques à l'origine de ce rapport.

Malgré leur ancienneté sur le marché, les agences de voyages d’affaires ou Travel Management Companies (TMC) comme American Express ou Carlson Wagon Lits perdent du terrain. Elles doivent en effet affronter la concurrence des agences de voyages généralistes qui disposent, pour certaines d’entre elles, de pôles dédiés aux voyages d’affaires. C’est notamment le cas de Selectour, Tourcom ou Manor. Autour des spécialistes gravitent également les spécialistes de chaque maillon de la chaîne de valeur comme les groupes hôteliers, les résidences de tourisme, les parcs de loisirs, les restaurateurs, les VTC et taxis ou encore les compagnies aériennes. A titre d’exemple, AccorHotels propose désormais des services événementiels pour s’adresser à la clientèle d’affaires.

Sans oublier que les acteurs IT, à l’image d’Amadeus, Sabre ou SAP Concur, proposent des solutions informatiques aux entreprises (clients finaux) et aux TMC (intermédiaires). Ils peuvent ainsi être des spécialistes sur le marché des voyages d’affaires ou des généralistes des logiciels de gestion pour les entreprises.

Certains géants des services aux entreprises, comme Sodexo ou Google avancent eux aussi leurs pions sur le marché, en s’appuyant sur leur forte notoriété. Leur force de frappe (Sodexo affiche 450 000 clients en portefeuille) pourrait en faire des concurrents redoutables des acteurs traditionnels du voyage d’affaires.

Les TMC doivent en outre composer avec l’évolution des comportements des voyageurs d’affaires. Les évolutions technologiques et l’imbrication croissante des sphères professionnelle et privée favorisent en effet l’utilisation des plateformes de type Airbnb, Uber ou Booking qui construisent d’ailleurs une offre spécifique pour le segment business. Les jeunes générations en particulier n’hésitent pas à planifier eux-mêmes leurs déplacements, en particulier auprès des plateformes collaboratives.

Pour reprendre l’ascendant, les TMC misent, entre autres, sur l’intelligence artificielle pour automatiser la modification des réservations de vols et des hébergements en fonction des fluctuations de prix, à l’instar de Carlson Wagonlit Travel. Pour sa part, American Express a gagné des parts de marché en rachetant son concurrent HRG. Les agences de voyages d’affaires enrichissent également leur propre plateforme de réservation en l’ouvrant aux acteurs de l’économie collaborative. Les principales d’entre elles se sont ainsi rapprochées d’Airbnb pour proposer les hébergements de la plateforme à leurs clients. Autant de partenariats qui démontrent une fois encore la convergence actuelle entre anciens et nouveaux business models.