La fin de l’espace de libre circulation européen, autrement dit de l’espace Schengen, c’est le retour des contrôles aux frontières. Les voyageurs d’affaires savent à quel point cette libre circulation avait accéléré leur passage dans les aéroports en supprimant les contrôles de passeport. La réinstallation des contrôles aux frontières a de nouveau ralenti leurs mouvements mais selon une étude réalisée par l’institut Prognos pour la Fondation Bertelsmann, la suppression définitive de l'espace Schengen pourrait coûter très cher pour l’ensemble des affaires réalisées en Europe. Et l’Europe est le premier client mais aussi le premier fournisseur de la France.
En ce qui concerne les pertes de temps, Prognos calcule que la réinstauration des frontières entre les 26 membres de Schengen produirait naturellement des surcoûts salariaux mais aussi des surcoûts en terme de stockage et de production, les biens ne pouvant plus être produits pour être livrés en flux continus. En version « optimiste », le coût serait en dix ans de 470 milliards au total pour l’Europe, soit 77 milliards pour l’Allemagne et 80 milliards d’euros pour la France (2016-2025). La version « pessimiste » va jusqu’à une hausse des coûts de production de 3%, soit 1 400 milliards d’euros (235 pour l’Allemagne, 244 milliards d'euros pour la France). De quoi faire caler la croissance. D’autant que l'étude chiffre les conséquences indirectes pour l'économie américaine à 91 milliards d'euros en dix ans et à 95 milliards pour la Chine.



