La mort programmée du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes

Si l’on en croit le Président de la République, l’aéroport Notre dame des Landes ne se fera pas. Pour les journalistes qui ont recueilli ses propos, il n’y a aucune raison de ne pas le croire. Le grand cafouillage du gouvernement, l’absence d’engagements forts des élus et la volonté des zadistes auront sans doute raison d’un projet qui aurait dû permettre à Nantes de s’ouvrir encore plus sur le monde.

Ségolène Royal, la ministre de l’écologie, a appelé publiquement à "Arrêter les frais" et ses propos viennent sans doute de donner le coup de grâce un projet pourtant soutenu par une bonne partie du tissu économique local qui l'a prouvé en se mobilisant pour le referendum local. En déclarant qu’elle n’était pas favorable à une évacuation violente de la ZAD, l’ex-compagne de François Hollande enfonce le clou déjà engagé par le Président de la république… Au grand dam des pro aéroports qui considèrent que ni l’état de droit, ni le référendum d’il y a quelques mois n'en sortent grandis.

Mais l’abandon de ce projet est loin de faire l’unanimité des chefs d’entreprises locaux comme des voyageurs d’affaires qui utilisent une combinaison train/avion pour les vols long-courrier souvent programmés au départ de Paris. Voilà quelques mois, ils expliquaient que la construction de l’aéroport Notre-Dame des Landes représentait 2 à 4 points de croissance internationale pour les sociétés exportatrices du Grand Ouest. Sur quelle base, cette affirmation ? Pour les spécialistes du dossier, un nouvel aéroport ne signifie pas forcément l’arrivée de nouvelles lignes. Au contraire, seule la combinaison business/loisirs garantit la pérennité de l’investissement et le volume de clientèle suffisant pour justifier d’un vol international. La saisonnalité, le prix, le besoin, l’intérêt réel sans oublier le volume d’affaires avec la destination programmée sont des éléments clés que Nantes ne maîtrise pas forcément.

On a vu dans le passé bien des offres commerciales mises en place par des compagnies aériennes prestigieuses se casser le nez sur la réalité de l’économie. Faute de passagers, un avion fut-il le plus attendu, ne reste pas longtemps inscrit au programme des vols de l’aéroport d’où il part.

Aujourd’hui, seul Manuel Valls confirme, contre vents et marées, que la ZAD sera bien expulsé avant la fin de l’automne et que les travaux pourront commencer dans la foulée. Il reste à connaître la stratégie que mettra en place l’aéroport actuel de Nantes. On devrait en savoir plus au début 2017.