Le SNAV veut intégrer rapidement le voyage d’affaires dans son organisation

"Agent de voyage, quelle expression terrible!", explique Jean-Pierre Mas, le président du SNAV (Syndicat National des Agents de Voyage) qui, après 18 mois à la tête de la structure, veut aujourd’hui profondément en changer l’orientation. "D’ici au mois de mai prochain, nous intégrerons toutes les composantes des métiers du voyage, y compris le voyage d’affaires. Et pour réussir ce challenge, nous allons même changer de nom", annonce t-il.

"Pendant des années, voyage d’affaires était un gros mot dans l’esprit des professionnels du tourisme", souligne Jean-Pierre Mas qui ajoute: "Aujourd’hui le poids de ce marché (NDLR : 27 milliards d’euros) est devenu important et ne peut être négligé au sein d’une Fédération des professionnels du voyage. Nous allons permettre aux TMC de se voir, d’échanger et de discuter entre elles des problématiques professionnelles qu’elles rencontrent"».
 
En intégrant le corporate travel à ses travaux, le patron du SNAV veut ainsi démontrer l’importance économique d’un marché qui, pour la première fois de l’histoire des congrès du SNAV, a occupé une matinée de travail face à un public attentif et studieux. "Nous discutons avec dess partenaires comme la SNCF ou Air France pour l’ensemble des professionnels, y compris les TMC", poursuit Jean-Pierre Mas, "Nous devons naturellement prendre en compte les spécificités d’un marché qui tient plus des attentes et des besoins des centres d’appel que de l’agence de loisir".
 
Et d’annoncer la création d’une commission "voyage d’affaires" pour mieux intégrer cet univers aux travaux du SNAV. "Il faut bien comprendre que les mondes du voyage se rapprochent", affirme le Président du SNAV, "Les expériences des voyageurs qui organisent leurs voyages personnels ne sont pas éloignés de leurs besoins au moment de réserver leurs déplacements professionnels". Il estime que c’est le rôle des entrepreneurs du voyage de répondre à leurs demandes: "C’est notre mission de sensibiliser tous les professionnels à l’ensemble des secteurs du voyage".
 
Au-delà, le SNAV ne veut pas rater le coche de l’intégration technologique du business travel, indissociable de son évolution. "Nous n’avons pas pour mission d’orienter les marchés mais de les porter", conclut-il. Il reste à comprendre comment se fera le choix des instances représentatifs. Indiscutablement, il ne pourra pas passer par les voyageurs ou les acheteurs. Dans ce cas, les seules TMC répondront-elles à l’invitation ? Tout l’enjeu est là.