Le SNPL s’oppose à la privatisation du Groupe ADP

Alors que la privatisation du Groupe ADP semble bien dans les cartons du gouvernement, le syndicat des pilotes SNPL s'inquiète. Cette opération – si elle se confirmait – serait selon lui un "très mauvais signal pour la relance du pavillon aérien français".

Le Gouvernement français envisage de céder la participation de l’État français au capital de plusieurs grandes entreprises – dont Groupe ADP - dans le cadre de son projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) présenté en Conseil des ministres le 18 avril prochain. Le SNPL considère ce projet comme "un très mauvais signal pour la relance du pavillon aérien français" à quelques jours de l’ouverture des Assises du Transport Aérien (20 mars).
 
L'organisation souligne : "Alors que le Gouvernement avait indiqué son désir d’œuvrer à la relance de la compétitivité du Transport Aérien national par la voix de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, cette annonce résonne comme un non-sens".
 
Le syndicat qui s'est opposé à plusieurs décisions stratégiques des dirigeants du groupe aéroportuaire comme le système de double caisse (exclusion des ressources émanant des activités commerciales de la politique d’investissements dans les infrastructures), craint des retombées négatives pour les compagnies aériennes. Il poursuit : "Nul doute qu’une fois l’entreprise privatisée, la recherche du profit pour les seuls actionnaires d’ADP en sera d’autant plus exacerbée et la juteuse cagnotte de la double caisse pérennisée, avec pour corolaire l’aggravation du poids des charges et des taxes qui pèsent depuis des années sur les compagnies aériennes et sur les passagers. Souvenons-nous des effets négatifs pour les usagers de la privatisation des grandes autoroutes françaises".

Le SNPL met en avant que les redevances de la "plate-forme de Londres Heathrow n’ont jamais été aussi élevées que depuis sa privatisation, faisant d’elle la plus cher d’Europe… au contraire de celles d’Amsterdam-Schiphol qui sont en constante baisse. L’actionnariat de l’aéroport d’Amsterdam est à 92 % public…".
 
L'organisation conclut : "A l’heure où les Assises du Transport Aérien sont sur le point d’être lancées, avec en perspective plusieurs mois de travail entre les acteurs du secteur, cette annonce de privatisation du Groupe ADP apparaît en contradiction avec la volonté de dialogue affichée par le Gouvernement".