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Mardi 13 Mars 2018

Le mobile va-t-il tuer nos déjà vieux SBT ?



Le Mobile Word Congress (MWC) organisé à Barcelone jusqu’à ce 1er mars n’a pas failli à sa réputation de laboratoire des communications. Ajit Pai, le patron de la Commission Fédérale des Communications n’a pas caché que la fin des outils traditionnels de bureaux (comme les PC) était désormais programmée au profit de la mobilité totale.



La mobilité déferle sur le voyage d'affaires
La mobilité déferle sur le voyage d'affaires
Ce n’est pas la première fois qu’une telle affirmation est ainsi publiquement exprimée. Si la technologie va vite, l’usage va plus vite encore quand les outils collent aux attentes réelles des utilisateurs et qu’ils sont naturellement adoptés par tous. Comme tous les ans, Barcelone a commencé à écrire l’avenir de notre monde communiquant même si, cette année, le salon constate que ce qui fait notre environnement technologique inquiète plus les entreprises qu’il ne les rassure.

Pourquoi parier sur la mobilité ? C’est ce qu’est venu expliquer Cher Wang, la patronne d’HTC. La réponse est évidente pour elle : "parce qu’elle est plus simple, plus logique et mieux adaptée à notre époque". Tous les fournisseurs présents dans la capitale catalane reconnaissent que ce n’est plus une affaire de matériel mais réellement un changement de process qui s’annonce. Et tout le monde n’est pas capable d’accepter ce changement. Ni les plus anciens et pas forcément les plus jeunes.

Mais la portabilité doit se justifier. "Prenons l’exemple des ordinateurs portables", détaille Mike Obsio, analyste financier, "On a vu dans les années 2000 que, reliés à un dock ils devenaient des outils de travail que l’on pouvait promener partout. On constate aujourd’hui le même phénomène avec les tablettes, équipées d’un clavier mobile qui sont les prolongements numériques de l’utilisateur, où qu’il soit et à l’heure qu’il souhaite". Et pour lui, les clouds d’entreprise, les VPN, la blockchain ou le travail collaboratif sont devenus dépendants de la mobilité. Là est la mutation.

A Barcelone, la mobilité dépasse le simple cadre du voyage même si beaucoup la justifient par le besoin de se déplacer, que ce soit au sein de l’entreprise ou au bout du monde. On l’a vu avec Samsung pour qui faire l’acquisition d’un billet d’avion ou de train se fait à la voix avec une dématérialisation complète du billet, devenu un simple tag affiché à l’écran. Quid de la sécurisation et de la validation ? Là aussi, les changements sont nombreux grâce au cloud et aux outils d’intelligence artificielle. "Connecté sur les serveurs de l’entreprise, le voyageur d’affaires échange en temps réel avec son entreprise et peut interagir en fonction des besoins demandés", complète Mike Obsio. "En fait, on est encore persuadés que c’est au voyageur de faire toutes les démarches liées à son déplacement. C’est faux car demain, de façon transparente et en arrière-plan, ce sera à la machine de simplifier le voyage et de prendre en charge automatiquement la recherche d’un billet ou d’un hôtel dans le respect total de la politique voyages". Demain ? Les experts vont vite : avant 2020 pour la majorité d’entre eux.

Le mythe de l’assistance aux voyageurs est lui aussi bousculé. Pendant des années, on a pensé qu’il fallait aider le business traveller dans toutes les étapes de son déplacement. "C’est une vision dépassée", affirment les fabricants qui font le pari de la simplification, et donc de l’automatisme. "Prenons par exemple, un rendez-vous qui se prolonge au point de faire rater l’avion du voyageur", explique un spécialiste d’Android, "Le téléphone va automatiquement constater l’impossibilité technique de prendre cet avion en tenant compte aussi de l’environnement comme le délai d’accès à l’aéroport. Il va réserver sur le prochain vol si le billet est flexible et qu’il y a de la place. En cas de sérieux contretemps, il ira jusqu’à une réservation d’hôtels si le voyageur doit passer la nuit sur place". On voit bien que désormais, l’anticipation passe automatiquement par la machine même si, à tout instant, l’utilisateur peut modifier les choix faits par l’appareil.

La mobilité peut-elle respecter les règles émises par l’entreprise ? C’est l’une des questions clés que se posent désormais les acheteurs. Là encore, la réponse des développeurs est sans appel : "mieux que si vous l’imposiez avec des SBT". L’explication est simple : c’est l’IA qui va assurer le rôle de cerbère de la dépense. La dématérialisation financière fera le reste. "Les données utilisées pour garder une connexion permanente entre le voyageur et l’entreprise, via des outils de mobilité, s’enrichissent des éléments de la politique d’achat pour assurer deux suivis essentiels. Celui de la dépense réelle et celui de la dépense non maîtrisée", constate Jeff Zucker, le Président de CNN qui veut voir dans les télécommunications les nouveaux réseaux du savoir permanents.

Mais ce constat ne tient que pour des organisations professionnelles de taille intermédiaire. Pas pour les groupes internationaux qui appliquent des politiques globales plus que locales. "Pour des structures présentes dans le monde entier, la mécanisation des process est complexe", reconnait Mike Obsio, "Dans ces sociétés, les retards technologiques sont importants en raison du temps nécessaire au choix, au déploiement et à l’adoption des solutions de mobilité totale. Mais elles ne pèsent que 24 % des entreprises mondiales". Et de prédire : "Dans ce cas, la mobilité est individuelle, choisie par chaque salarié en fonction de ces besoins. On voit aussi de telles solutions se développer dans des startups qui ont bien compris que le mobile oscillera toujours entre vie personnelle et vie professionnelle".

Quel avenir pour les SBT dans la mobilité ? Le premier est évident, tous les grands noms du voyage d’affaires disposent déjà d’outils mobiles, incomplets pour les uns, complexes pour les autres mais évolutifs rapidement pour tous. Au-delà, si les outils changent, les moteurs de données restent indispensables à la gestion de la DATA. Pour Google, présent à Barcelone, on assistera à une forte évolution de la relation directe entre fournisseurs et acheteurs. Le géant californien est persuadé que l’intermédiation va rapidement bouger et donc, sensiblement modifier les usages de l’entreprise. A l’évidence, l’accès aux stocks et à l’information des fournisseurs seront, eux aussi, intégrés aux solutions de mobilité.

Mais au-delà, Barcelone a montré la puissance de la voix, des outils de vidéocommunication, des chatbots et autres innovations comme la voiture autonome intelligente ou les voyages d’affaires virtuels qui, à première vue, sont des bombes en puissance en matière de gestion de la mobilité. Mais pour Timotheus Höttges, de Deutsche Telekom, le mot de la fin revient toujours aux utilisateurs : "Il faut convaincre de l’utilité, de la qualité, de la pérennité. Les trois mots magiques de l’évolution technologique au sein de l’entreprise". En 2018, à Barcelone, tout le monde en est convaincu même si le futur semble parfois loufoque sur les stands de certains exposants. Mais méfions-nous du "Cela ne marchera jamais". Notre vie quotidienne est parsemée de ces réussites pourtant vouées à l’échec lors de leur première présentation.


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