Le prix des billets d’avion risque de décoller

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le carburant de nos avions est moins onéreux qu’il y a un an. En revanche, la volatilité des prix et la non-prévision de la tendance pourraient potentiellement affecter le coût et la faisabilité de certains trajets.

Le 3 mai, le prix du carburéacteur (JET-A1, carburant servant à la propulsion de nos avions) était, en Europe, inférieur de 8% à ce qu’il était il y a un an. Sur une semaine, il est en baisse de 1.8% et sur un mois il affiche une hausse de 2.6%.

Même si le prix du carburéacteur est inférieur au prix d’il y a un an, il reste plus élevé que prévu par IATA en Décembre 2018. Cela peut affecter les perspectives de rentabilité de l’industrie du transport aérien et faire varier le prix des billets d’avion grâce à la modification de la valeur de la YQ (la fameuse surcharge carburant).

En Europe, les compagnies aériennes se couvrent contre les variations de prix mais depuis 2010 les marges bénéficiaires ont été comprimées ou élargies par les hausses et les baisses des prix du carburéacteur qui devient de plus en plus instable. Les compagnies sont extrêmement sensibles à ces variations et beaucoup d’entre elles ne passerons pas au travers d’une crise pétrolière. Or, si les prix du carburant restent plus élevés que prévu, il y aura une réduction de la rentabilité de l’industrie prévisionnelle pouvant atteindre 1%.
A la vue des marges opérationnelles des compagnies aériennes les plus fragiles, il est fort à parier que la YQ va revenir sur le devant de la scène avec une valeur plus importante et que pas mal de compagnies vont subir des turbulences pouvant les mener vers la fin des opérations. Tous les moyens seront donc bon pour réduire les coûts (surtout ceux de la distribution…).

Les compagnies ayant misé sur des appareils moins gourmands seront donc avantagées. En revanche, celles qui opère les 737MAX8 et 9 seront sérieusement impactées et subiront une sorte de double peine. Plus que jamais, la vigilance doit être de mise pour les acheteurs et les travel managers qui risquent de voir des prix varier de façon significative, des routes disparaître et des compagnies se retrouver potentiellement en difficulté (modification des coûts de distribution, mouvements sociaux…).

Affaire à suivre de très près surtout si l'on prend en compte les tensions géopolitiques actuelles (en particulier les relations USA/Iran).