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Mardi 18 Juin 2019

Le vrai / faux sur la pollution générée par le transport aérien



Les avions polluent-ils vraiment ? La réponse est affirmative mais beaucoup de doxas (ensemble des opinions reçues sans discussion, comme évidentes, dans une civilisation donnée) sont émises sur le sujet. Voici donc une analyse montrant une approche factuelle de la problématique et qui évitera à beaucoup de dire bien des inepties…



L’avion est générateur de gaz à effet de serre

VRAI – 1 milliard de tonnes de dioxyde de carbone est produit annuellement par l’aviation mais il faut relativiser ce chiffre car il ne représente qu’un peu plus de 2% de la production mondiale, la source principale d’émission étant la production d’électricité qui représente à elle seule 44% (la déforestation n’est pas prise en compte dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre. Si tel était le cas, ce serait le premier poste).

A titre d’information, la création d’articles vestimentaires est quatre fois plus génératrice de dioxyde de carbone que l’industrie du transport aérien.

Aucun effort n’est fait par les compagnies aériennes

FAUX – Le dioxyde de carbone est produit par la combustion du kérosène. Or, ce carburant coûte et représente à lui seul 25% à 35% des coûts d’exploitation des compagnies aériennes. Il est donc évident que tous les opérateurs visent à appliquer des procédures et à utiliser des technologies qui réduisent la consommation de carburant (et donc la production de dioxyde de carbone), car, dans un environnement où les marges sont extrêmement faibles, tous les gains sont bons à prendre.

Air France prend en compte cette problématique et s’est engagée à réduire ses émissions de 20% (plan pluriannuel 2008/2020) et elle ne compte pas s’arrêter là. Eric Prévost, Commandant de bord sur B777, précise que cet objectif a déjà été atteint grâce au recyclage des déchets, à la diminution de l’empreinte environnementale (et sonore) et au matériel (introduction dans la flotte des avions dits de dernière génération). Le lavage des moteurs et l’optimisation du centrage ont beaucoup joué sur la réduction de la consommation. Idem pour la ponctualité des vols qui est l'un des facteurs influençant la production de gaz à effet de serre (pas d’accélération en vol nécessaire pour rattraper le temps perdu donc moins de consommation).

Toute l’industrie aéronautique contribue également à cette réduction grâce aux différentes innovations. OpenAirlines, une start-up française, propose aux compagnies d’optimiser la gestion de leur consommation grâce à des algorithmes alimentés par les données de plus de 3 millions de vols (météo, phases de vol, régimes moteurs utilisés…). L’interface graphique et la solution intéressent beaucoup de transporteurs sensibles à la consommation de carburant, aux économies potentielles et à la sauvegarde de l’environnement. Cette optimisation des opérations permet aux clients d’OpenAirlines d’économiser près de 3% de carburant.

Seules les compagnies agissent

FAUX – Le contrôle aérien rehausse les plans d’approche afin de permettre les CDA (continuous descent approach qui sont basées sur une descente fluide et ralentie des avions). Ces procédures réduisent d’environ 10% les émissions. Une autre solution est le vol direct (un avion doit souvent louvoyer entre des zones). Sur ce point, la France est en retard du fait de la complexité de l'espace aérien (un mille feuilles de zones contrôlées et réglementées). Les détours et les contournements imposés aux avions rallongent les trajets d’environ 6% et la difficulté de gestion du trafic augmente les retards de 30%.

Les trajectoires à moindre bruit et la sortie des traînées (train d'atterrissage + becs + volets) tardive sont aussi des facteurs qui limitent les nuisances liées à l’industrie du transport aérien et qui sont mis en œuvre par les compagnies. Même si la sécurité reste la priorité de tous les opérateurs, toutes les solutions sont étudiées puis mises en œuvre au sol et en l’air pour réduire les émissions. Le salon du Bourget de cette année montre déjà beaucoup d’innovations prometteuses.

Le poids est un élément clé

VRAI – Tous les grammes transportés comptent ! Le poids des passagers en constante croissance est un réel problème. Il serait souvent surévalué de 20%. Le poids des bagages est également un problème mais qui aura l’audace et le courage de réduire la franchise allouée, voire de faire payer les valises et colis au poids ? Or, c’est là que réside l'une des plus grandes sources de réduction des émissions. Le passager sensibilisé à l’action écologique comprendrait certainement l'application d'une tarification spécifique.

Taxer ?

Proposée par ceux qui luttent contre les taxes, l'imposition de nouvelles charges serait dramatique et mettrait les compagnies frappées par cette taxe hors jeu. L’industrie aéronautique est une des premières à compenser ses émissions. Même si elle ne paye pas de taxe sur le carburant, elle paye une taxe sur ses émissions et ça, peu de gens le savent.

Les biocarburants (recyclage des huiles par exemple) sont aussi une solution sur laquelle des sociétés travaillent mais là aussi, le manque d’acteurs est criant. Sur ce point, les pouvoirs publics ne s’engagent pas assez sur la collecte des déchets valorisables. Enfin, la propulsion hybride reste à développer car elle promet de beaux résultats.

Alors oui, taxer n’est pas une bonne solution car il faut investir pour développer les solutions de demain et ceci est essentiel quand on connaît l’évolution inexorable du trafic aérien. Heureusement, l’Assemblée l’a bien compris même si elle n’a fait que repousser sine die la discussion qui ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène.

Avec nos remerciements à Xavier TYTELMAN, consultant pour CGI Consulting pour son support.


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