Les Chinois vont-ils toucher au magot de l’aéroport de Toulouse?

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L'arrivée des Chinois au sein de l'aéroport de Toulouse avait soulevé beaucoup de mécontentement et de méfiance. Et un peu plus d'un an après, les collectivités s'interrogent à nouveau sur les intentions du nouvel actionnaire. Ce dernier demande en effet la redistribution de 17,5 millions d'euros.

Jusqu'à présent, les actionnaires de la société qui gère l'aéroport de Toulouse avaient pris le parti de verser tous les ans la moitié des gains dégagés en dividende et de garder l'autre moitié pour des investissements futurs. La plate-forme dispose ainsi d'une réserve de 70 millions d'euros. Le consortium chinois Symbiose – rebaptisé Casil Europe - regarde ce magot avec intérêt. Le propriétaire de 49,9% de la plate-forme souhaite que 17,5 millions de cette somme soient prélevés pour être reversés... aux actionnaires.

Cette résolution était à l'ordre du jour du 1er juin. Les présidents de la Région, du Département, de Toulouse Métropole et de la Chambre de commerce, qui détiennent ensemble 40% de la plate-forme avaient fait part de leur opposition à ce projet. Dans un courrier à Anne-Marie Idrac, présidente du Conseil de Surveillance de SATB, ils avaient indiqué que cette redistribution "ne paraît pas opportune du point de vue économique. Par ailleurs, cette réserve est le fruit de l’effort de chacun des partenaires publics historiques de la SATB". La proposition avait alors été retirée puis reportée. Elle sera ainsi soumise au vote le 28 juin prochain lors d'une assemblée générale extraordinaire.

La Région et le Département n’ont pas changé d’avis. En revanche, la Chambre de Commerce et Toulouse Métropole ont indiqué qu'ils n'avaient pas pris de décision définitive. L’État qui détient encore 10,01% de l'entreprise, pourrait donc jouer les arbitres dans cette décision. Or, ce dernier est soupçonné d'avoir noué un «pacte d'actionnaire secret» avec les investisseurs chinois. Selon Médiapart, il se serait engagé à suivre les positions de Casil Europe lors des grandes décisions. Verdict le 28 juin.