Ordinateurs à bord, les Américains renoncent… sans renoncer

Washington a décidé de ne pas interdire, "à ce stade", le transport d'ordinateurs portables dans les cabines d'avions en provenance d'Europe et à destination des Etats-Unis, selon le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS). Mais la crainte des bombes à bord demeure et c'est plutôt l'urgence qui passe de rouge à orange.

Manifestement les Européens ont réussi à faire comprendre aux Américains que l'urgence n'était pas la bonne solution et après avoir expliqué dimanche qu'il s'apprêtait un interdire les ordinateurs en cabine, le ministère de la sécurité intérieure dit renoncer "pour l'instant", à cette interdiction. Mais sans y renoncer. Le même John Kelly s'empresse en effet d'expliquer, dans son communiqué, que l'élargissement de cette interdiction, déjà en vigueur sur des vols en provenance du Moyen-Orient, est "toujours sur la table", avec des mesures envisagées "si le niveau de menace le justifie".

Les rendez-vous avec les Européens ont permis de préciser les contours des mesures, leurs difficultés d'exécution et leur coût. Et aussi qu'il ne serait pas possible de les appliquer aux compagnies européennes sans le faire aux américaines qui ont, elles aussi, de nombreux vols transatlantiques. Pas moins de 3200 vols hebdo sont prévus cet été entre l'Europe et les Etats-Unis. Le lobbying des compagnies américaines elles mêmes semble avoir agi en renfort des explications des Commissaires européens.

Il reste la menace, réelle. Et la course des techniciens contre les esprits échauffés des artificiers pour tenter de miniaturiser et mettre au point des bombes qui, finalement, pourraient s'installer dans beaucoup d'objets à bord. La vraie lutte doit se faire dans la sécurité des contrôles au sol.