Orly est-il un aéroport adapté à l’hiver ?

C’est un coup de colère clairement exprimé à la DGAC et au patron d’ADP que le président du BAR France (Board of Airlines Representatives ) a poussé ce 7 février. Au cours d’une conférence téléphonique, organisée de toute urgence par la DGAC, il a appris que les compagnies présentes sur Orly devaient annuler un tiers de leur vol dans l’après-midi. Une vision qu’il juge inacceptable.

"Quand on voit la capacité de Roissy à investir près de 60 millions d’euros après un épisode neigeux mémorable il y a quelques années, on se demande ce qui empêche Orly de faire face à l’activité hivernale", explique Jean-Pierre Sauvage, le patron du BAR qui représente l’ensemble des compagnies qui opèrent en France.

Et dans cette pagaille, ne dites pas à Jean-Pierre Sauvage que les difficultés rencontrées par le personnel (équipages, bagagistes et personnel au sol) pour se rendre sur la plate-forme sont les seules explications à l’origine de ce problème. "Ce n’est pas le matin qu’il fallait intervenir. On peut imaginer que des solutions d'adaptation du personnel aux conditions exceptionnelles soient prévues et que l'on anticipe le matin pour l'après-midi car c'est l'après-midi que nous avons du réduire notre plan de vol".

Dans la critique formulée par les compagnies aériennes à l’aéroport d’Orly, il y a également la prise en charge des passagers. Les compagnies, qui avait déjà enregistré certains d’entre eux, ont eu l’obligation de leur proposer une solution d’hébergement ou d’assistance. "Nous aurions pu plaider les circonstances exceptionnelles liées aux conditions climatiques pour nous dégager de nos obligations. Mais ce n’est pas l’esprit des compagnies fortement sensibilisées à la qualité de la relation client".

Il reste à savoir si la colère des compagnies aériennes représentées par Jean-Pierre Sauvage se fera entendre ADP. Orly apparaît à chaque problème climatique comme un aéroport parisien secondaire incapable de faire face aux difficultés. "Nous pensons, au vu des tarifs pratiqués par ADP, que ce soit à Orly ou Roissy, que des investissements sont désormais nécessaires pour la qualité de l’exploitation en hiver et pour répondre aux attentes de nos clients", conclut Jean-Pierre Sauvage qui a exprimé toutes ces critiques à ses interlocuteurs.