Pas de ligne de métro directe pour Toulouse-Blagnac

L'aéroport de Toulouse-Blagnac ne peut pas compter sur le soutien du conseil scientifique chargé de se pencher sur le trajet de la ligne 3 du métro. Les experts indépendants partagent le même avis que le comité syndical de Tisséo : ils estiment qu'une desserte directe de la plate-forme par la future ligne de métro n'est pas judicieuse.

Tisséo, gestionnaire des transports en commun de Toulouse et sa région, a annoncé en juillet dernier que la future ligne 3 du métro ne passerait pas par l'aéroport, privilégiant pour la plate-forme une ligne spécifique baptisée l'Aéroport Express. Cette option qui conduit à une desserte avec une correspondance, n'est pas du goût de la direction de la plate-forme ATB. Et elle ne va pas pouvoir compter sur le conseil scientifique pour obtenir gain de cause. Appelé à se prononcer sur les alternatives au projet de 3è ligne du métro, il est arrivé à la même conclusion que Tisséo : une desserte de Toulouse Blagnac par la future ligne 3 n'est pas justifiée.

Patrick Vandevoorde, président du comité scientifique a expliqué : "Même avec la croissance attendue de la fréquentation de l'aéroport d'ici 2030, seulement 8 000 à 10 000 personnes prendrait le métro pour rejoindre l'aéroport alors que la zone aéroportuaire représente 100 000 emplois. Nous estimons que 35 à 55 000 passagers pourraient emprunter chaque jour une ligne de métro desservant la zone aéroportuaire ".

Le conseil a également remarqué que le trajet défendu par Toulouse Blagnac, n'aurait pas pu desservir le site d'Airbus à Saint-Martin-du-Touch qui représente 10 000 emplois.

Ces éléments lui font ainsi préférer le dossier de Tisséo qui prévoit une ligne 3 allant de la gare de Colomiers à celle de Labège et la création d'une ligne spécifique "Aéroport Express". Cette ligne de tram à haute fréquence devrait permettre de relier Matabiau à Toulouse Blagnac via la station Jean Maga en 24min.

L'avis du conseil scientifique n'est que consultatif mais il a de fortes chances de faire mouche. Les experts ont, en effet, opté pour le moins onéreux des deux : 50 millions d'euros contre au moins 250 millions d'euros pour une liaison directe avec l'aéroport.