Malgré l'avis négatif du Conseil d'État début décembre et l'avertissement de la Cour des Comptes en octobre, le décret déclarant la LGV Poitiers - Limoges "projet d'utilité publique" a été signé le 10 janvier par Manuel Valls et Ségolène Royal. Cette ligne de TGV de 115 kilomètres doit coûter la bagatelle de 2 milliards d'euros. Pour l'heure, le financement n'en est pas assuré.
Dès signature du décret, la FNAUT avait fait savoir qu'elle irait devant le Conseil d'Etat, c'est chose faite. La Fédération met en avant deux arguments contre le projet: des lacunes de l’évaluation économique et sociale et un défaut d'utilité publique. L'organisation estime que la la voie rapide présente de faibles avantages par rapport aux relations existantes. Elle assure que «la relative faiblesse des aires urbaines desservies (Limoges, Brive, Périgueux) ne justifie pas la construction d’une LGV qui ne desservirait aucune agglomération sur son parcours». Elle considère également que sa mise en service n’entraînerait aucune désaturation de la ligne classique et «fragiliserait au contraire les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) et Poitiers-Limoges ; elle surchargerait la LGV Atlantique en détournant l’actuel trafic Paris-Limoges par Orléans», explique-t-elle dans son communiqué.



